Quand l’école prétend éduquer au lieu d’instruire

Juriste

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

 

Une enquête INSEE de février 2014 montre que les Français sont moins instruits que leurs voisins européens. La France se classe 22e sur 28 pays, derrière la Grèce, Malte ou la Roumanie. Seuls 72,5 % des Français ont terminé le lycée, contre une moyenne de 74,2 % pour l’Union européenne. Le chiffre des départs prématurés au collège est alarmant, avec 11,6 % des jeunes Français sans aucun diplôme ou en situation de formation. En outre, et plus terrible encore : on apprenait en octobre 2013, dans une étude de l’OCDE, que la France était en queue de peloton pour ce qui concerne la compétence des adultes en lecture et en calcul.

Cet état de fait devrait préoccuper notre ministre de l’Éducation nationale, qui semble plus intéressé par les « ABCD de l’égalité », les « zones d’éducation prioritaires » ou le matraquage idéologique. Celui-ci, plutôt que d’instruire les jeunes Français aux connaissances élémentaires d’écriture et de calcul, préfère transformer l’enfant en une machine abrutie et l’« arracher à tous les déterminismes sociaux et religieux ». Nos instances s’entêtent à rééduquer les enfants plutôt que de les instruire correctement.

Déjà depuis l’ancienne présidence, l’État s’acharne à détricoter les programmes, notamment d’histoire et de littérature. L’école ne remplit plus son rôle de transmission des éléments d’identification nationale et de maîtrise des connaissances. Pire : l’école contemporaine ne transmet plus que des savoirs techniques, utilitaires, mais elle le fait mal. Résultat : des élèves sortent de leur cursus scolaire sans instruction, tant pratique que fondamentale.

Jusqu’en 1932, date du gouvernement d’Édouard Herriot, le ministère de l’Éducation nationale s’intitulait ministère de l’Instruction publique. Aujourd’hui, nous oublions que l’école est avant tout un lieu de savoir, dans lequel les maîtres instruisent leurs élèves. L’école n’a, en revanche, pas à se substituer aux parents dans l’éducation des enfants. Tout juste doit-elle confirmer des comportements normatifs, comme l’hygiène, la courtoisie ou le respect de la hiérarchie. Ces comportements doivent, en premier lieu, être transmis par les parents, qui en ont la responsabilité.

Nous constatons donc que l’école, non contente de ne plus instruire correctement, n’éduque plus du tout non plus. La permissivité et le laxisme ont créé une jeunesse dont la seule éthique serait l’égoïsme. Une génération d’enfants rois capricieux, incapables de supporter la moindre frustration. Ce sujet devrait nous intéresser au premier plan, car la jeunesse de notre pays incarne son devenir.

L’horizon existentiel de la jeunesse est devenu un ensemble de fantasmes individuels et hédonistes, « get rich or die tryin’ », dit le rappeur américain 50 Cent.

Cependant, sous-diplômés et incapables de supporter la frustration, comment feront-ils ? Seule l’économie souterraine pourra répondre à leurs attentes fastueuses.

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