Emmanuel Macron peut-il le faire ?

Juriste

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

 

Le demi-monde médiatique s’agite. Emmanuel Macron peut le faire. C’est du moins ce que certains sondages laissent entendre. Selon une enquête de l’institut BVA publiée le 6 janvier, Emmanuel Macron serait la personnalité politique que les Français aimeraient voir jouer un rôle politique de premier plan dans les années à venir, devançant assez largement François Fillon.

Dans un sondage Elabe daté du même jour, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande – ce qu’il serait bon de garder à l’esprit – voit ses scores potentiels de premier tour de l’élection présidentielle augmenter, compris dans une fourchette allant de 16 % à 24 % selon les hypothèses. Emmanuel Macron, créature postmoderne s’il en est, jouerait donc le trouble-fête d’un duel attendu opposant François Fillon à Marine Le Pen.

Le moment Macron est arrivé. Et avec, l’idée selon laquelle le Lecanuet relooké par Canal++ pourrait se trouver au second tour. En l’absence de François Bayrou, jumeau idéologique à l’apparence jugée beaucoup plus ringarde, Emmanuel Macron permet à tout le bloc de gauche de remonter jusqu’à des niveaux inattendus, proches des 50 %. Mais ce bloc de gauche serait-il un vrai bloc de gauche ? Le principal atout d’Emmanuel Macron n’est-il pas, justement, de refuser le clivage droite-gauche pour lui substituer le clivage opposant le progressisme dans sa version multiculturaliste, disons « canadienne », à la réaction incarnée par des nations moribondes ?

Escroquerie totale, ce positionnement trouble l’électorat, l’empêchant de distinguer le progrès (humain et technique) du progressisme et le sain conservatisme (institutions, État, frontières, identités) d’une réaction stérile. Emmanuel Macron est un centriste pur jus, strictement gauchiste sur le plan culturel et « orléaniste » sur le plan économique. Ce qui plaît, d’ailleurs, à d’anciens gauchistes, embourgeoisés avec l’âge. Lire l’édifiante tribune de Roland Castro dans Le Huff suffit à s’en convaincre… Il devra, néanmoins, se méfier. Les originaux ont souvent leur petit moment dans une campagne présidentielle.

François Bayrou (encore lui) s’en souvient encore…

La tactique d’Emmanuel Macron lui permettrait donc de grappiller des voix un peu partout, notamment à droite. À dire vrai, ce candidat ne menacerait-il pas beaucoup plus le terne, lisse et consensuel François Fillon que Marine Le Pen, à l’offre politique claire et bien construite ? François Fillon commence, d’ailleurs, à s’en inquiéter. À Las Vegas, il tentait péniblement de jouer au « djeuns », ultra-connecté et amateur de « geekeries »… Un rôle qui ne lui sied guère. Les centristes ne devraient pas avoir trop de difficultés à choisir entre ces deux centristes. François Fillon l’est sans le dire, essayant de maintenir une posture « gaulliste et chrétienne » que 35 ans de vie politique démentent.

Plus courageux, Emmanuel Macron assume. Il veut maintenir l’aide médicale d’État. C’est une pompe aspirante de l’immigration de remplacement qui, en outre, accentue le trou de la Sécurité sociale ? Pas un problème pour le fils préféré de Jacques Attali. Notre Justin Trudeau veut que la France soit une nation-monde. Communautariste assumé, il défend le port du voile à l’université. Bref, une fois parvenu au pouvoir, il ferait ce que ses prédécesseurs ont fait. La seule différence est qu’il en assurerait lui-même la publicité, à la manière de ce que font les responsables politiques canadiens ou allemands. Emmanuel Macron n’est pas un menteur. Son projet, que je réprouve pour l’essentiel (mondialiste, immigrationniste), est véritablement son bébé.

Il y a quelques semaines, j’écrivais qu’un second tour opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron serait le plus intéressant. Je maintiens.

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

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