Ségolène et Castro : une simple histoire de sexisme…

Ecrivain, journaliste
Son blog
 

On se souvient de l’éloge de Fidel Castro par Ségolène Royal au moment des obsèques du brave patriarche : celle-ci avait salué « un monument de l’Histoire », ajoutant que « grâce à Castro, les Cubains [avaient] récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils [s’étaient] inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur. » Selon elle, Cuba n’était pas une « dictature », eu égard à son nombre de touristes, rajoutant qu’il fallait « savoir regarder les choses positivement » et lançant, bravache : « Eh bien, fournissez-moi des listes de prisonniers politiques ! »

Le tollé était assez prévisible et s’étendit, d’ailleurs, jusqu’à la gauche, Jack Lang (notamment) se demandant si elle n’avait pas « bu un peu trop de rhum en arrivant à La Havane ». On fournit obligeamment à la dame la liste dont elle s’était enquise. Celle-ci se trouva être, sans grande surprise, longue comme le bras. Et même comme les deux bras. Sans être pour autant exhaustive.

Mais Ségolène Royal n’est pas du genre à battre sa coulpe. Elle contre-attaque. Revenant sur cette polémique dans l’émission « Et si c’était vous ? », elle vient de donner le fin mot de cette triste affaire : elle a été victime de sexisme.

Il y a eu « cette résurgence de la contestation de l’évaluation historique qu’une femme a droit ou pas le droit de faire même avec [son] background et son expérience politique ».

Et peu importe, sans doute, si parmi ceux qui, éberlués, avaient pris leurs distances, se trouvait aussi une femme – la socialiste Juliette Méadel, secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes. Les collabos, les judas, les renégats, les apostats, les syndromes de Stockholm, ça n’existe pas, peut-être ?

Dire que je n’y ai même pas pensé alors que c’était si pratique. Que durant mes longues années au lycée, j’ai laissé avec résignation tous ces profs, dans mes copies, « contester », à grands traits de Bic rouge, mon « évaluation historique ». Ou bien mathématique, d’ailleurs. Avec le « background » que j’avais (brevet avec mention, s’il vous plaît)… Salauds de machos, va !

La vérité est que la seule sexiste, ici, est Ségolène Royal, qui instrumentalise son « genre » pour en faire un joker, qui se réfugie dans les jupons de sa féminité pour s’exonérer de ses responsabilités, dévoyant sans vergogne le féminisme jusqu’à l’absurde : si dénoncer l’erreur d’une femme est du sexisme, il faut donc adhérer à l’assertion que, par nature, celle-ci a toujours raison ? Ségolène Royal aurait-elle perdu un boulon ? C’est très tentant, mes sœurs, je vous l’accorde, mais c’est parfaitement délirant. Nous gambadons gaiement vers une fémictature à côté de laquelle le régime de Castro fera, en effet, figure d’eldorado.

Dans son livre, Castro l’infidèle, Serge Raffy décrit un tyran domestique doublé d’un misogyne sans nom. Et dire que critiquer son régime est devenu une preuve de sexisme. J’en connais un qui doit rigoler dans sa tombe.

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