Oui, Valérie Trierweiler est à plaindre…

Ecrivain, journaliste
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Si on m’avait dit, un jour, que je plaindrais Valérie Trierweiler… Car oui, je la plains, comme on plaint quelqu’un dont la disgrâce du prince vient de sonner l’hallali. Elle était détestée, alors maintenant qu’elle est à terre, n’est-ce pas, on la piétine pour qu’elle morde la poussière. On se lâche, on se marre, on se tape sur le ventre. Bien fait. Hospitalisée, la Valoche ? En voilà, une chochotte. Jusqu’au Daily Mail qui, par-delà la Manche, affirme avec mépris qu’elle fait du « chantage affectif ».

Pauvre femme. Que Hollande a exposée puis « jartée » sans jamais la protéger, jusqu’à la laisser devenir le punching-ball national. Mais que fait Najat Vallaud-Belkacem ? Est-ce ainsi qu’en France on traite les dames, et notamment la première d’entre elles ? En novembre dernier, le ministre des Droits des femmes présentait un plan de lutte contre les violences dans le couple. Mais il y a des baffes psychologiques qui vous envoient à l’hosto aussi sûrement qu’un gnon en pleine face. Comme le dit poétiquement une de ses amies citée par Le Parisien, « Valérie a pris un TGV dans le buffet ».

On me dit qu’après tout, ce n’est que justice. Une justice immanente, l’arroseur arrosé. Elle endure à son tour tout ce qu’elle a fait subir à Ségolène Royal. Sans doute. Mais aurait-elle fait preuve à son encontre de la même morgue, de la même mesquinerie, de la même jalousie — la méchanceté vengeresse propre aux courtisanes qui ne sont rien, façon Madame de Montespan — si Hollande avait daigné l’épouser ? Car le mariage, on le découvre, n’est pas qu’une convention bourgeoise follement excitante à transgresser quand on est un président socialiste. Il est un statut qui préserve, assoit et légitime, surtout à une place exposée, sous les feux des médias, là où le vent souffle tous les jours force 8 et où l’on peut si facilement se casser la binette.

Valérie Trierweiler est ainsi devenue l’éternelle pique-assiette de la France, la fille à laquelle on donne, comme ça, des Tickets-Restaurant mais que personne n’a jamais réellement embauchée. Celle que le patron incruste et qui agace, à laquelle on ne dira plus seulement bonjour quand celui-ci s’en sera lassé. Elle est devenue une « First Lady » en CDD, licenciable sans préavis. Un boulot plus précaire que la dernière serveuse de l’Élysée. Le mariage n’aurait pas évité l’idylle avec Julie Gayet mais au moins la question de Catherine Nay, cinglante et légitime : « Valérie Trierweiler peut-elle rester à l’Elysée ? »

Alors oui, Valérie Trierweiler est à plaindre. Hollande a fait d’elle la première humiliée de France. Comme l’écrivait Sylvie Brunel, ex-femme d’Éric Besson, dans son livre vengeur Manuel de guérilla à l’usage des femmes, Valérie Trierweiler rejoint « les millions de femmes à mi-vie, maltraitées non par la nature mais par une société qui glorifie la jeunesse et encourage l’irresponsabilité des hommes », et elle les rejoint en plus au pas de course, sous les flashs des photographes et les crachats de la foule. Si c’est cela, le féminisme socialiste…

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