Armées - Editoriaux - 17 avril 2018

Frappes françaises en Syrie : optimum de la furtivité !

Les frappes ordonnées par le Président et exécutées avec succès par les armées françaises ont été marquées du label de la furtivité.

Qu’on en juge.

Point de déploiement de porte-avions dont la puissante armada d’accompagnement près de la zone de belligérance aurait suggéré un acte de guerre, ce que le Président chef des armées réfutait. Opportunément, d’ailleurs, le Charles-de-Gaulle est en rade à Toulon, pour une longue révision en vue de futurs et éventuels déploiements plus stratégiques…

Certes, trois des nouvelles frégates multimissions, porteuses d’un armement nouveau – le missile de croisière naval (MdCN) -, participèrent aux frappes, expérimentant en réel pour la première fois cette capacité nouvelle avec trois tirs. En dépit de la distance d’éloignement de l’objectif visé dans la zone de Homs et du retrait ainsi autorisé en zone maritime que permet ce nouvel engin – 1.000 kilomètres de portée -, les précieux navires étaient accompagnés par une flotte de protection et ravitaillement, impliquant un pétrolier-ravitailleur, une frégate de défense antiaérienne et une de lutte anti-sous-marine ainsi, probablement, que l’indispensable et discret sous-marin d’attaque. Il faut dire que l’aviation russe avait manifesté une petite hostilité à l’égard de l’un de ces modernes bâtiments la semaine précédente.

Cependant, averties sinon impliquées dans la recherche de la « déconfliction » – nouveau lexique anglo-saxon révélé par Florence Parly : « réduction des risques de confrontations par actions non coordonnées des divers acteurs sur le terrain » –, les forces russes avaient, selon toute vraisemblance, libéré le couloir de progression des missiles en approche de toute menace ou interception. Aspect indirect de la discrétion ayant servi les opérations tricolores. Je regarde ailleurs, j’ai rien vu…

Mais l’essence même de la furtivité appartient à l’armée de l’air, qui l’a démontrée encore, à l’occasion. Dix-sept avions ont décollé de quatre bases nationales, pour cette opération particulièrement coordonnée. Cinq Rafale chargés de la mission, protégés par quatre Mirage 2000, éclairés par deux AWACS (système de radar et contrôle aéroporté), alimentés en vol par six avions ravitailleurs, ont tiré neuf missiles SCALP qui, selon le ministre des Armées, ont tous atteint leur but.

Moins de quatre-vingts aviateurs en vol ont effectué 75 % de la mission. À comparer aux 1.100 marins embarqués sur les bateaux de la Royale pour une durée comptant plusieurs levers de soleil. Autre performance des pilotes de chasse : dix heures de vol avec cinq ravitaillements et pas question de manquer de vigilance et de professionnalisme à l’approche du tir !

Cette performance a un précédent avec l’intervention, début 2013, des Rafale décollant de la même base de Saint-Dizier pour traiter, huit heures plus tard, leurs objectifs au Mali contre les rebelles islamistes.

Mais le summum de la furtivité génétique des aviateurs a pu être observé sur la photo du PC élyséen répliquant celle d’Obama lors de la chasse ultime de ben Laden. On y cherche en vain un haut gradé étoilé de l’armée de l’air…

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