Soumettre l’enfant à la toute-puissance de l’École est une forme de totalitarisme !

Avocat
 

Monsieur Denoel, jetez le masque ! Votre article intitulé « Du rôle de la famille dans l’éducation » comporte la définition même du totalitarisme. Étant capable d’écrire, et de vous faire publier sur un site dont la règle est la liberté d’expression, vous avez sans aucun doute la capacité d’aboutir à la même conclusion.

Votre pensée semble – autant qu’on puisse en juger en un court article – assez relativiste. En clair, vous déniez à quiconque le droit d’inculquer à nos enfants des principes, et semblez considérer que tout enseignement relève de la propagande (l’histoire de France), de la caporalisation (le respect envers l’instituteur) et de l’embrigadement (l’enseignement catholique et la Manif pour tous). Et, comme tout relativisme, le vôtre se mort la queue très rapidement. Toujours cette vieille question qu’on a presque honte de poser : « Est-il vrai que la vérité n’existe pas ? »

Mais, à l’appui de votre raisonnement, vous n’hésitez pas à faire appel à l’argument d’autorité en nous infligeant un résumé de « la sociologie pour les ignares » et vous nous exposez doctement ce dont un individu a besoin pour se construire. Première contradiction : sur quel principe intangible le relativisme s’appuie-t-il pour démontrer que tout est relatif ? Seconde contradiction, votre résumé-mémento de fiche mémoire du cours de psycho-sociologie nous assène, en première ligne de la transmission des « valeurs générationnelles »… la famille ! Sans doute aurait-il été utile que vous preniez le temps de définir ces fameuses « valeurs » qui, rapidement, pourraient tourner à l’embrigadement intellectuel et à la dictature du pater familias tant il est vrai qu’un enfant de 2 ans argumente rarement contre les « valeurs » qui lui sont transmises à la maison.

Mais vous allez encore plus loin en considérant que l’école doit enseigner « les règles civiques du pays ». Quelles sont-elles ? La vieille morale chrétienne, que le laïcard Jules Ferry faisait encore enseigner en 1880 ? La religion républicaine, celle des droits de l’homme, de la tolérance érigée en valeur suprême ? N’y aurait-il pas là un soupçon d’endoctrinement ? Et l’idée relativiste selon laquelle chacun possède sa vérité n’est-elle pas en elle-même un dogme ? La religion laïque, celle qui impose à tous de ne croire en rien dans l’espace public au nom – bien entendu — de la liberté de conscience, n’est-elle pas elle aussi un dogmatisme dont sortir expose à de sérieuses déconvenues dans la vie publique ?

Mais la cerise sur le gâteau, c’est cette phrase impérissable : « À ce titre, “les familles” n’ont aucun droit de regard sur l’enseignement de l’école publique. Tout au plus peuvent-elles apporter, après les cours, des réponses parallèles, plus conformes à leurs valeurs. »

Vous rendez-vous compte de ce que vous écrivez ? L’histoire étant une forme d’endoctrinement, il faut supposer que vous ne l’avez jamais étudiée. Elle pourrait pourtant vous apprendre un certain nombre de faits intéressants. Vous y comprendriez, par exemple, que votre souhait de soumettre l’enfant à la toute-puissance de l’école n’est rien d’autre que ce qu’ont fait tous les totalitarismes : le communisme, le nazisme, l’islamisme. À la suite de la Révolution française, ces régimes ont imposé des vérités officielles et ont décidé que les enfants appartenaient à l’État. Le résultat est connu, libre à vous de l’apprécier, encore que cela relève parfois du délit…

Monsieur Denoel, un conseil : revenez au réel. Ce sera difficile pour vous, mais ça viendra, ne perdez pas espoir !

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