Le peuple catholique s’est levé. Et il a de beaux restes !

Avocat
 

Le mot Résistance, s’il est assorti d’une majuscule, évoque Honoré d’Estienne d’Orves, catholique et monarchiste, résistant de la première heure, mort pour la France, tout simplement. À cause de héros comme lui, quiconque veut utiliser le mot, même avec une minuscule, doit en peser la charge symbolique au risque de le galvauder.

Ces dernières semaines, le terme a resurgi en provoquant ici quelques déclarations grandiloquentes et là quelques sarcasmes. Quelle importance ? Vivre avec les imbéciles et supporter les vaniteux s’apprend de la naissance à la mort. Intéressons-nous plutôt aux résistants.

Au risque d’encourir les railleries laïcardes ou celles d’un Patrice de Plunkett à la plume mouillée de fiel, ces résistants sont… catholiques ! Pire, ils ne sont pas de gauche ! S’ils commencent à comprendre la faillite d’un libéralisme devenu fou, ils cherchent à inventer autre chose, et non à christianiser le socialisme. Il s’agit de familles, et surtout de jeunes. Des gens qu’on ne voit dans la rue qu’une fois tous les quinze ans depuis le 30 mai 1968. Ils accueillent à leurs côtés d’autres traditions sociales ou spirituelles, avec respect mais en minorité. C’est le peuple catholique qui s’est levé. Et il a de beaux restes ! À force de ne montrer de l’Église que les dinosaures des années 70 qui régentent les paroisses et les niaiseries auxquelles des clercs nostalgiques restent attachés, on avait oublié que, derrière eux, se dressait une génération chrétienne élevée en pépinière et conservée au chaud jusqu’à la fin de l’hiver.

Cette génération a entre 20 et 45 ans. Elle est née dans les combats de 1984 que ses parents crurent gagner face à la perversité d’un adversaire auquel ils opposèrent la consternante naïveté d’un clergé social-démocrate. Elle a grandi sous Jean-Paul II et Benoît XVI qu’elle écoutait sans toujours les suivre. Elle a manqué se perdre dans des écoles privées où quelques rares professeurs ayant conservé la tête sur les épaules sauvèrent bien des intelligences du naufrage. Elle s’est fortifiée dans le scoutisme capable d’en faire des hommes et des femmes solides.

Elle s’est nourrie dans les familles où la flamme de la foi, parfois ténue, est restée allumée. Elle a montré ses convictions, sans ostentation, mais sans gêne non plus. Elle s’est engagée au service des autres, ici ou au bout du monde. Elle a compris que ses aînés de la génération 68 n’avaient rien à lui transmettre et a retourné le relativisme de la société qui l’a fait naître contre le système en place. Politiquement décomplexée avant d’être désabusée, elle s’est interrogée plus encore en 2012 qu’en 2007.

Enfin, mûrie patiemment, gardée en réserve, doucement saisie par la conviction qu’elle ne pouvait rester sans rien faire, elle est descendue dans la rue pour crier « Assez ! » aux destructeurs de la société.

Elle n’est pas seule car elle n’exclut personne et d’autres la rejoignent. Mais elle refuse de se taire. Et ne pas l’entendre, c’est l’inciter à muscler son action. Parce qu’elle a bien compris qu’il était déjà bien tard, et qu’elle ne pouvait plus attendre.

Alors, attention de ne pas la mépriser : elle est la seule dans le désert relativiste qui puisse reconstruire une société dévastée. Et elle le sait. Debout, déterminée, paisible mais prête à combattre. Elle se donnera une tête, un projet d’action ; elle travaillera à unifier les combattants contre un ennemi commun. Elle n’est pas d’Estienne d’Orves. Mais elle est de ceux dont on les fait.

François Teutsch
Avocat

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