États-Unis : les dessous du mariage gay


Directeur éditorial de L’Action Française 2000

 

La décision de la Cour suprême des États-Unis de légaliser le mariage gay, ce vendredi 26 juin, est un non-événement. Non seulement parce que les deux tiers des États américains avaient déjà avalisé la dénaturation du mariage, mais également parce qu’Obama s’était arrangé, par ses nominations, à avoir une Cour suprême presque à sa main. Presque, parce que, comme toujours dans ce genre d’histoire, il est nécessaire d’avoir un ami dans le camp adverse, celui qui fera basculer la majorité. Et il y a toujours un conservateur pour trahir son camp, pour « être dominé par la peur d’être ce qu’il est et la honte de n’être pas ce que sont ses ennemis », comme Pierre Boutang aimait à le dire des conservateurs français. Et c’est ainsi que la Cour suprême, par cinq voix contre quatre, a jugé que les États américains qui refusent aujourd’hui d’unir deux personnes de même sexe devront non seulement les marier, mais aussi reconnaître leur mariage s’il a été célébré ailleurs.

Les Américains ont moins de pudeur que les Français et reconnaissent ouvertement les liens qui unissent « pouvoir des juges » et alternances politiques : la Cour suprême est divisée entre juges conservateurs et juges progressistes et on connaît leur vote. En France, bien que leur nomination soit elle aussi politique, pour ne pas dire politicienne, leur vote demeure secret. Mais l’hypocrisie cache surtout, peut-être, et plus encore qu’aux États-Unis, un consensus mou sur la dissolution de la famille. Au sein du Conseil constitutionnel comme au sein du pays légal.

C’est, évidemment, au nom de l’égalité que les juges suprêmes ont pris leur décision. Comme les parlementaires en France. Comme les citoyens de Panurge en Irlande. Comme partout. Pour en finir avec les discriminations. ONU, Conseil de l’Europe, Cour européenne des droits de l’homme, cours constitutionnelles des États occidentaux ou soumis aux prétendues « valeurs occidentales » : le langage est partout le même, le même ordre moral anti-discriminatoire dicte progressivement sa loi. Comme des métastases, les mesures visant à promouvoir l’indifférenciation (hommes-femmes, homo-hétéro, nationaux-étrangers, bientôt adultes-enfants ?) envahissent les législations des États, s’accompagnant bien souvent de mesures coercitives à l’encontre de ceux qui résistent et sont accusés du pire des maux : non pas conserver de justes différences, respectueuses de l’identité naturelle de chacun, mais promouvoir des discriminations, nécessairement criminelles puisqu’elles s’opposent à la sacro-sainte égalité, comme si la seule indifférenciation qui prévaut en ce bas monde n’est pas celle de la putréfaction. Dès qu’il y a de la vie, il y a différence – une différence qui n’exclut pas le respect mutuel. Ni l’amour. Qui le commande, même.

Il s’agit bien d’une maladie occidentale, c’est-à-dire de l’Occident se révélant comme maladie – l’Occident, qui est une réalité plus idéologique que géographique : il suffit de regarder la carte des sociétés malades. Si le monde protestant est quasiment touché dans son intégralité – jusqu’à l’Afrique du Sud, qui a acquis ainsi son brevet « d’occidentalité » -, si le monde catholique est gravement atteint, si le monde orthodoxe est épargné, que doit-on en conclure ? Que des sociétés qui ne se reconnaissent plus de transcendance, ou la réduisent à leur propre volonté de puissance, perdent leurs fondamentaux. Tel est le cas de l’« Occident ». Tel n’est pas celui, par exemple, de la Pologne catholique ou de la Russie orthodoxe. Leur résistance à la dissolution n’est que l’affirmation tranquille de leur confiance en ce qui les a toujours rendus à eux-mêmes, par-delà les tragédies de l’Histoire.

Les « valeurs occidentales » portent en elles-mêmes leurs propres germes de mort. Leur matérialisme les pousse à la dissolution. Il n’est pas dit que les générations montantes soient suicidaires. Au printemps 2013, la jeunesse, en France, était dans la rue.

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