Mayotte et le désert médical français

Essayiste
 

Habitants de la Creuse et de la Lozère qui voyez s’étendre le désert médical et avez des dizaines de kilomètres à parcourir pour consulter, sachez qu’un département est, lui, l’objet des sollicitudes gouvernementales : tout médecin qui s’installera à Mayotte et y restera quatre ans touchera une prime de quelque 100.000 euros. Cette prime sera versée aux praticiens hospitaliers (médecins, pharmaciens, dentistes) qui iront renforcer les troupes sur place.

Ils devront, évidemment, exercer au sein d’un établissement public de santé, mais pourront avoir une activité libérale.

Bien sûr, cette prime s’ajoutera à tous les avantages prévus d’autre part : majoration du traitement atteignant à terme 40 %, indemnité de sujétion géographique se substituant à l’actuelle indemnité d’éloignement qui double presque le traitement des fonctionnaires, congés bonifiés vers la métropole tous les trois ans, voyage payé.

Il est vrai qu’il n’y a là-bas que 77 praticiens pour 100.000 habitants et qu’en fait, toutes les Comores et même l’Afrique de l’Est déversent leurs malades sur Mayotte. L’hôpital de Mamoudzou soigne en majorité des clandestins. Parmi les 7.000 naissances annuelles, 70 % sont le fait de Comoriennes en situation irrégulière, incapables de payer les frais et dont les enfants sont appelés à devenir français.

Il faut dire que l’état sanitaire de Mayotte est déplorable et qu’on a encore craint récemment une épidémie de choléra.

Il y avait déjà eu une épidémie en 2000, alors que l’immigration clandestine était très inférieure à ce qu’elle est devenue.

Pour France Mayotte Matin, Mayotte est devenue « un creuset idéal pour les maladies infectieuses ». Explication : « Plus de 50 % de la population est étrangère à Mayotte et ils sont des milliers à vivre dans des bidonvilles où les conditions de vie et d’hygiène relèvent du Moyen Âge. »

Des plages sont interdites parce que souillées de matières fécales, et beaucoup utilisent l’eau de rivières polluées pour la cuisine et la lessive.

Un médecin de l’hôpital de Mamoudzou redoute que choléra et Ebola apparaissent un jour pendant la saison des pluies. La dengue et le chikungunya sont endémiques.

Et l’île compte sur le tourisme pour se développer !

On n’a pas fini de payer la décision irresponsable de départementaliser Mayotte, et pourtant tous ceux qui l’ont voulue savaient ce qu’il en était. C’était du temps de Nicolas Sarkozy : une promesse électorale et électoraliste. Si l’on avait laissé Mayotte aux Comores, au lieu de l’annexer comme la Crimée, on n’aurait pas sur les bras cette île qui n’a rien de français sauf l’attrait pour les subventions, et qui constitue maintenant une porte ouverte à l’immigration africaine – un Lampedusa français.

Habitants de la Creuse et de la Lozère, croyez vous qu’un jour quelqu’un pensera à vous ?

François Jourdier
Essayiste

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