Les mosquées poussent et les églises tombent…

Artisan.
 

Une pelleteuse saccageant une église… C’est une image à laquelle on risque de devoir s’habituer dans les années à venir.

Il y a quelques mois, après une longue bataille opposant des défenseurs du patrimoine à un maire buté, l’église Saint-Jacques disparaissait de l’horizon d’Abbeville. En janvier, à Segré, dans le Maine-et-Loire, les mêmes moyens étaient employés pour réduire à néant l’église de Saint-Aubin-du-Pavoil. Et la liste des églises condamnées ou déjà « déconstruites » (c’est le mot en usage) ne s’arrête pas là : le 19 juin dernier, dans ce même département du Maine-et-Loire, à Gesté, c’est cette fois l’église Saint-Pierre-aux-Liens qui subissait les assauts des engins démolisseurs.

De ce dernier cas apparaît une réalité affligeante : rien, dans notre législation, ne semble prévu pour protéger le patrimoine architectural de second ordre, et notamment celui de nos villages. Pour peu qu’une commune ne soit pas dotée d’un plan d’urbanisme contraignant et qu’un monument ne soit pas classé, rien ne paraît pouvoir empêcher un conseil municipal inconséquent ou malveillant de voter la démolition d’un édifice n’ayant pas ses faveurs.

Le pied de nez fait par la municipalité de Gesté à la justice est effarant : l’annulation du permis de démolition par le tribunal administratif de Nantes, confirmée par le Conseil d’État, n’aura été d’aucun secours aux défenseurs de l’église. Dans l’indifférence des autorités religieuses, les premières pierres sont tombées, par la simple volonté d’un maire et de son conseil qui revendiquent, non sans arrogance, la légalité de leur action, en dépit des décisions de justice leur donnant tort.

La municipalité de Gesté a beau se défendre de vouloir supprimer l’église, et mettre en avant sa volonté d’en reconstruire une « plus fonctionnelle » autour du clocher miraculeusement épargné, elle peut invoquer ad nauseam des raisons économiques pour justifier ce choix de reconstruction plutôt que la restauration du bâti existant jugé trop vétuste, il reste que ces démolitions d’églises à la chaîne sont une illustration trop parfaite du déni d’identité qui anime la plupart de nos responsables politiques.

Dans la France du changement, les mosquées poussent et les églises tombent. C’est le sens de l’histoire, diront les progressistes, et gare à ceux qui le déploreraient…

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