Editoriaux - Politique - 27 novembre 2018

François Hollande, le gars qui éteint la lumière en partant. En arrivant aussi !

Il nous l’avait dit, il nous l’avait même vendu : François Hollande serait le Président le plus ordinaire qu’on puisse trouver. Promesse tenue. Pour une fois, un candidat en campagne disait vrai, mais il était même un peu en dessous de la vérité.

Hollande le gagne-petit, qui dépense peu, économise les bouts de chandelle et fait le tour de la maison Élysée pour éteindre les lumières avant de s’en aller, sur son scooter et en chaussons (j’en rajoute un peu), tirer un coup rue du Cirque. Voilà le roman de la République ordinaire servi par un ex-Président dévoré de jalousie et de rancœur.

Parce que, un an et demi après son éviction de la loterie nationale, François Hollande ne s’en remet pas. Galvanisé par sa tournée de dédicaces dans les supermarchés et les droits d’auteur y afférents, il a la rancœur qui le boudine et la vacherie qui le démange.

Comme un caillou dans la chaussure ou un clou dans la fesse, Hollande a mal à Macron. Plus le temps passe, plus ça le torture. C’est une vilaine colique qui ne passe pas, et il va falloir tenir encore plus de trois ans – une éternité, en politique. Alors, il espère que les gilets jaunes vont passer du citron à la moutarde, que ça va tourner vinaigre, et que lui va apparaître, auréolé, le glaive à la main, en dernier recours de la République. Alors, il le dézingue à tout va, le Macron pas ordinaire du tout.

Il lui fait la leçon, le tance du haut de ces « petites phrases » qu’il aime tant : « Président des très riches » qui fait « la leçon aux Français ». Puis, au lendemain de la manifestation des gilets jaunes, passe à la réprimande circonstanciée : « Il ne faut pas simplement dire qu’on écoute, cingle-t-il. Il faut à un moment répondre. » Il est vrai qu’en matière de reculades, il peut donner des leçons.

Mais le plus fort, le summum dans l’hypocrisie, véritable amnésie circonstancielle du culbuto, c’est l’entretien avec Léa Salamé sur France Inter, le 26 novembre. Il faut appliquer sa méthode : action-réaction, c’est-à-dire impôt-redistribution, soit une nouvelle taxe aussitôt compensée par « un chèque énergie, mais pas pour 300.000 à 500.000 personnes, pour 10 ou 12 millions de foyers qui sont concernés ». Ben tiens, la belle idée que voilà. Du bon, du vrai, du pur socialisme à la papa !

D’ailleurs, il se verrait bien reprendre le flambeau, plus ordinaire que jamais. Fidèle à lui-même, c’est-à-dire reculant sur tout comme il le fit pendant cinq ans, enterrant tous les sujets qui fâchent, laissant pourrir en espérant que ça passe… Faut-il lui rappeler le fiasco de l’écotaxe, les émeutes autour de la loi El Khomri, la fuite en rase campagne devant la déchéance de nationalité, le matraquage fiscal ?

Sous ses airs bonasses, Hollande est un retors, un teigneux. Comme tous les fauves politiques, il se fout bien de la vie des Français. Ce qui l’intéresse, ce qui le maintient en vie, c’est la compétition politique avec ses coups tordus, tout comme elle maintient en vie Ségolène Royal. La dame du Poitou a aussi une revanche à prendre, notamment sur François Hollande. Et, question vacherie, rancœur et coups bas, il n’est pas certain de gagner. C’est peut-être ce qui sauvera les Français d’un match grotesque entre l’ex et son ex.

Toute honte bue, Hollande serait prêt à reprendre un PS qu’il a largement contribué à envoyer au tapis. Il a, pour cela, des arguments décisifs : « J’ai toujours eu un comportement essentiellement vertueux, j’espère », confie-t-il à Léa Salamé. Il parle d’écologie, pas de ses parties de jambes en l’air avec le septième art. Ainsi, assure-t-il, « je ne supportais pas, comme Président, que l’Élysée reste allumé, que des bureaux restent allumés la nuit ». Alors, il faisait le tour « pour éteindre la lumière ». Peut-être même qu’il passait le balai et la serpillière.

Eh oui, c’est Hollande qu’il nous faut : le gars qui éteint la lumière en partant !

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