François Asselineau candidat, nouvelle arme anti-Le Pen ?

Essayiste
 

En parvenant à réunir les 500 signatures nécessaires, François Asselineau a fait un bon coup. Impossible, désormais, pour les grands médias de l’ignorer : il est officiellement candidat à la présidentielle. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour lui : bonne dans la mesure où son parti va vraisemblablement faire un bond en avant, notamment en termes d’adhésions ; et mauvaise, aussi, parce que toute la partie victimaire de son discours (« Je suis censuré parce que je dérange »), sur laquelle il fonde sa crédibilité, s’effondre désormais.
 
Sa participation à cette élection va sans doute donner lieu à une sorte de mini-bug dans la Matrice du Système : d’un côté, tous les gros candidats rêvent de se retrouver au second tour contre Marine Le Pen pour l’emporter facilement. D’un autre côté, les médias, les journalistes, qui sont l’engeance stupide par excellence et n’entendent rien aux stratégies de long terme de leurs maîtres, continuent de vouloir parasiter la candidature Le Pen dans le but d’abaisser son score. La présence d’un François Asselineau est du pain bénit pour eux : avec son discours sur l’Europe et l’euro, le terrain électoral sur lequel il chasse le plus copieusement est bel et bien celui de Marine Le Pen. Pour cette raison, il faut s’attendre à ce que les médias le mettent en avant, pas exagérément certes, juste ce qu’il faut pour le faire connaître d’une partie de l’électorat eurosceptique. Dans l’espoir qu’il prenne à Marine Le Pen les deux ou trois points qui lui empêcheraient, sinon d’être au second tour, au moins d’arriver en tête du premier. Il en va aussi du symbole.
 
De son côté, le président de l’UPR, qui n’est pas dupe du jeu médiatique, a compris depuis longtemps que la carte de l’anti-lepénisme est une sorte de passage obligé pour contenter les journalistes dont on réclame les faveurs. Il a, d’ailleurs, profité jusqu’ici de chacune de ses rares apparitions dans les grands médias pour assaisonner sévèrement la présidente du Front national, en allant jusqu’à se draper des saints habits antiracistes pour ajouter sa voix à toutes celles qui, dans le royaume dont Laurent Ruquier est monarque, voient en Marine Le Pen le démon xénophobe qu’il faut combattre.
 
François Asselineau, en parvenant à inscrire son nom sur la liste officielle des candidats, à la grande surprise des commentateurs médiatiques, sera-t-il utilisé par ces derniers comme une arme nouvelle dirigée contre Marine Le Pen ? Ils peuvent, en tout cas, compter sur sa promptitude zélée à attaquer la candidate ; et comme il chasse sur ses terres, il faut s’attendre à ce qu’il en fasse sa cible prioritaire. C’est déjà ce qu’il fait depuis des années sur Internet, aidé dans cette besogne par une petite armée de soldats militants, inépuisables lobbyistes omniprésents dans toutes les discussions politiques sur la Toile, dont l’essentiel voue à Marine Le Pen une haine digne d’un collectif antifa.

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