Politique

François Asselineau, un antidote contre l’abstention

Gestionnaire de fonds d’investissement
 

Beaucoup de Français l’ignorent encore, la politique de la France ne se décide plus à Paris mais à Bruxelles, siège de la Commission européenne mais aussi – on l’oublie — de l’OTAN. Cet abandon de souveraineté, contraire à notre Constitution, a été accompli sur trente ans, par petites touches, sans consulter le peuple sauf une seule fois, en 1992, une exception qui confirme la règle, peut-on dire à bon escient, puisque lors du référendum sur le traité de Maastricht les dés étaient pipés. La preuve nous en fut donnée par le deuxième référendum danois et quelques années plus tard par le traité de Lisbonne. « A NO is not an option ! », titrait le Financial Times, résumant en une formule lapidaire ce qui a été l’un des plus grands hold-up de tous les temps.

Aujourd’hui, en dehors d’une armée de coquins, bureaucrates et lobbyistes, qui peut affirmer que cette politique imposée de force a été un succès ?

Par bonheur, l’Europe compte de nombreux détracteurs. Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan sont, en France, les plus connus et l’Anglais Nigel Farage, orateur hors pair, est à l’échelle du continent le plus médiatique. Mais à en juger par l’ostracisme dont il fait l’objet dans les grands médias et même par ses pairs, le plus redoutable de tous doit être sans conteste François Asselineau.

Ne cherchez pas sa fiche Wikipédia, sauf si vous parlez l’anglais, l’espagnol, le russe ou le japonais car la version française a été fermée. HEC, ENA, Inspection des Finances, Asselineau aurait pu être le Jacques Attali de la droite si l’UMP n’avait pas tourné le dos aux principes fondateurs du gaullisme. Placardisé par Sarkozy, il s’est depuis engagé dans une lutte titanesque contre la bien-pensance européiste à la tête de l’UPR qu’il fonde en 2007 et qui compte aujourd’hui 4.000 adhérents (à titre de comparaison, Debout la République en compte 13.000). Boycotté sur ordre ? Qu’à cela ne tienne, Asselineau est un maître conférencier, sa connaissance des dossiers est parfaite, son discours est celui d’un homme libre au faîte de son art, ses vidéos sont vues par des dizaines voire des centaines de milliers de Français, un public hétéroclite mais averti. Son interview en 2012 chez Sud Radio par un Robert Ménard idéal dans le rôle du Candide en est la meilleure illustration.

Pourquoi séduit-il et pourquoi est-il si redouté ? En fin limier, François Asselineau ne s’est pas contenté d’étudier les textes de traités européens dans ses moindres articles, il est aussi remonté à la source, c’est-à-dire aux archives déclassifiées du gouvernement américain, celles de l’ex-République démocratique allemande, des textes écrits par le général de Gaulle et toutes sortes de documents relatifs aux relations internationales de l’après-guerre. Le résultat ? Des découvertes saisissantes sur la genèse du projet européen, des secrets bien gardés, des personnages-clés au passé douteux, le tout en plein cœur de cette guerre froide que beaucoup semblent avoir oubliée.

Ne rêvons pas, jamais François Asselineau ne passera en prime time sur les écrans de télévision à quelques mois d’élections capitales pour l’avenir de l’Europe. C’est bien dommage car, pour les 70 % d’indécis, abstentionnistes potentiels, un débat entre ces deux « grosses têtes » que sont Jacques Attali et François Asselineau serait un antidote radical.

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