Editoriaux - Musique - Santé - 9 janvier 2018

France Gall préférait le rugby aux sucettes vicelardes de Gainsbarre

De tous les hommages plus ou moins convenus qui ont salué la disparition de France Gall, celui, complètement décalé, de la Fédération française de rugby n’est pas passé inaperçu. Sur le compte Twitter de la FFR, avec une photo en noir et blanc de l’inoubliable interprète de « Résiste », l’artiste pose avec un ballon de rugby dédicacé et sur lequel il est écrit « Vive France-Galles ». Et la FFR d’ajouter : « Il y a eu beaucoup de France/Galles. Mais il n’y avait qu’une seule France Gall. Alors dansons encore sur les accords qu’elle aimait tant. »

Sur BFM TV, Fabien Lecœuvre a révélé les origines du prénom d’artiste de celle qui s’appelait Isabelle Gall : « Quand elle a commencé en 1963, il y avait déjà une chanteuse au sein de la même maison de disque qui s’appelait Isabelle Aubret et, à l’époque, le patron de la maison de disques, le directeur artistique Denis Bourgeois, ne voulait pas qu’il y ait deux Isabelle. Il a demandé à Robert Gall (papa de la toute jeune artiste) de changer de prénom. Ils étaient tous les deux fans de rugby et n’auraient manqué pour rien au monde un match pays de Galles–France. Voilà comment, dans un jeu de mots, et dans une soirée bien arrosée, ils trouveront comme prénom […] celui de France qu’ils rajoutent au nom Gall. »

Évidemment, on a tous plaisanté sur le nom de la chanteuse qui fleurait bon l’ovalie et le Tournoi des Six Nations, sans que cela ne l’indispose, au contraire. « Le rugby, rappelait-elle volontiers en citant Blondin, aide les enfants à devenir des hommes, et permet aux hommes de demeurer des enfants. »

Mais France Gall n’avait pas que de bons souvenirs : artiste emblématique des « années yéyé », sa carrière est lancée par Serge Gainsbourg, au milieu des années 60, avec la chanson écrite par Serge Gainsbourg « Poupée de cire, poupée de son ». Mais leur collaboration tournera court, Gainsbarre s’étant amusé, avec « Les Sucettes », « à dissimuler un contenu érotique dans les paroles d’apparence anodine » (Le Monde) et dont elle ne saisit les allusions salaces qu’avec les moqueries et le scandale… « Plus tard, il s’amusera de la crédulité de France Gall. Cette dernière parlera, elle, d’une “humiliation” » (Le Monde). Cinquante ans après en 2015, France Gall traitera même Serge Gainsbourg de « gros cochon », avant de conclure avec une certaine tristesse : « Ça a changé mon rapport aux garçons. Ça m’a humiliée. »

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