Editoriaux - Histoire - 7 décembre 2017

France – Algérie : rendons-leur les crânes et passons à autre chose !

En voyage éclair en Algérie, Emmanuel Macron a énoncé quelques vérités qui dérangent de part et d’autre de la Méditerranée. Tentant une énième fois d’en finir avec un passé qui ne passe toujours pas, il a voulu – parce qu’il est d’une autre génération que celle des derniers gouvernants – esquisser différemment, là aussi, un avenir commun à nos deux pays.

L’Algérie est un pays jeune : 30 % de la population y a moins de 14 ans, et 6 % seulement plus de 65 ans. Le taux de fécondité qui avait chuté au moment de la guerre civile (décennie 90) est reparti en flèche (3,1 enfants par femme, loin devant le Maroc, la Tunisie et la Libye). Selon les chiffres de l’INED publiés en septembre dernier, la population algérienne augmenterait de 55 % d’ici à 2050 pour atteindre 65 millions d’habitants, contre 42,2 millions à la mi-2017.

Cette population jeune est emmenée par un gouvernement autoritaire et militaire, sous la férule d’un vieillard cacochyme qui capitalise depuis l’indépendance sur la repentance de la France. Surtout, englué dans ses guerres intestines, le pouvoir algérien n’a pas su offrir à son pays les perspectives de développement qu’il était en droit d’attendre. Pire : il a entretenu dans sa population la certitude que ses maux étaient encore et toujours dus à la colonisation. Néanmoins, l’émigration algérienne vers la France ne s’est jamais ralentie et le mouvement ne semble pas près de s’inverser.

Le Président français expliquait ainsi, dans l’entretien qu’il a accordé au site TSA (Tout sur l’Algérie) : « J’ai entendu beaucoup de jeunes tout à l’heure en remontant la rue. Certains me disaient : les visas. J’ai répondu : qu’est-ce que vous voulez faire. Ils ne savaient pas ce qu’ils vont faire. Mais avoir un visa pour la France n’est pas un projet. » Plus véhément, au jeune homme qui l’interpellait, l’enjoignant d’assumer « son passé colonial » et l’accusant d’« éviter le sujet », Emmanuel Macron a lancé : « Qui évite quoi ? J’évite de venir vous voir ? J’évite de dire ce qui s’est passé ? Mais il s’est passé des choses, comme je l’ai dit… Il y a des gens qui ont vécu des histoires d’amour ici. Il y a des gens, français, qui aiment encore terriblement l’Algérie, qui ont contribué et qui ont fait des belles choses, il y en a qui ont fait des choses atroces. On a cette histoire entre nous, mais moi je n’en suis pas prisonnier. Mais vous, vous avez quel âge ? » Réponse : « 25 ans ». Et Macron de poursuivre : « Mais vous n’avez jamais connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça ? Vous, votre génération, elle doit regarder l’avenir. »

Beaucoup de Français, rapatriés d’Algérie dans les conditions qu’on connaît, ne pardonnent pas au nouveau Président d’avoir, durant la campagne, qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité ». Lui comme ceux qui le fustigent pour ces propos se heurtent au piège terrible de l’Histoire : on ne peut juger avec les critères d’aujourd’hui ce qui fut perpétré hier, mais on ne peut, non plus, nier les faits. L’autre drame, avec l’Algérie, est qu’on s’en tient souvent aux derniers « événements » des années 60, terme pudique pour qualifier cette guerre civile qui a déchiré la France « de Dunkerque à Tamanrasset ». Mais lorsque Macron propose de rendre à l’Algérie les trente-sept crânes des derniers combattants fusillés puis décapités après la reddition d’Alger et la prise de la smala d’Abd el-Kader par le duc d’Aumale en 1843, il a parfaitement raison.

On se demande, d’ailleurs, ce que ces trophées (?) découverts en 2011 dans les réserves du musée de l’Homme, à Paris, pouvaient bien y faire ! Arrachés au terme de massacres d’une sauvagerie inouïe, massacres d’ailleurs rapportés par les militaires et les historiens dans leurs mémoires (cf. la révolte de l’oasis de Zaâtcha, en 1849, qui fit près de 800 morts, vieillards, femmes et enfants compris), ils furent rapatriés en France et stockés dans les collections d’anthropologie. Pour quel usage ? Y cherchait-on un « gène » de la révolte ?

Je le redis, ce geste me paraît aujourd’hui indispensable. Rien ne justifie qu’on conserve ces restes mortuaires. Qu’on les restitue donc à leurs descendants, mais à la condition, toutefois, que le gouvernement algérien n’en fasse pas un usage propre à raviver inutilement les plaies.

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