Editoriaux - Le débat - Politique - 29 mars 2018

Les Français estiment que le gouvernement ne met pas tout en œuvre contre le terrorisme

Au lendemain de la cérémonie d’hommage national au colonel Beltrame, et le jour même où sont portés en terre les corps des malheureuses victimes de Trèbes, un sondage vient de tomber comme un couperet pour le gouvernement : pour 58 % des Français, le gouvernement ne met pas tout en œuvre pour lutter efficacement contre le terrorisme. Certes, certains commentateurs soulignent le fait qu’au lendemain du Bataclan, ce pourcentage était de 65 %. Donc, c’est mieux ! On ira le dire aux familles des victimes.

Certes, le risque zéro n’existe pas et les Français le comprennent sans doute. Mais en la matière, le gouvernement n’a pas seulement une obligation de moyens mais de résultats. À l’évidence, la dernière loi d’octobre 2017 pour renforcer la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme est insuffisante. « Petite loi de police administrative », c’est ainsi que Marine Le Pen l’a qualifiée. Visiblement, les Français le comprennent bien. Le sondage révèle ainsi que 84 % de nos compatriotes estiment qu’il serait efficace d’isoler les détenus radicalisés des autres en prison. 80 % pensent qu’il serait efficace d’expulser les fichés S étrangers. Christophe Castaner avait le culot, lundi dernier, de déclarer que « 60 % des auteurs d’attentats ces dernières années ne sont pas fichés S et ne sont pas ressortissants étrangers ». 40 % seraient dont fichés S et ressortissants étrangers, selon la logique de M. Castaner, pas 5 % : excusez du peu ! Cela mérite peut-être qu’on y réfléchisse.

Mais non, toute honte bue, M. Castaner ose dire : « On peut vouloir se faire peur, on peut tenter d’en faire de la petite récupération politique… Je pense que le débat politique mérite mieux que ça. » Mais les Français se fichent du débat politique. Les Français ne veulent pas se faire peur. Car ils ont peur : ils savent que, désormais, personne, aucun lieu n’est à l’abri en France. Et les Français comprennent bien – eux qui deviennent des spécialistes de l’insécurité du quotidien – que l’expulsion des fichés S étrangers permettrait, d’une part, au renseignement intérieur de se concentrer sur les fichés S malheureusement détenteurs de la nationalité française, d’autre part, de réduire la part de risque d’actes terroristes. J’ajoute qu’une telle mesure aurait une portée psychologique forte.

La France est en guerre, nous serine-t-on depuis 2015. D’ailleurs, ce ne sont plus seulement les forces de sécurité intérieure qui font l’objet de menaces, d’attaques, mais nos forces militaires. N’oublions pas que l’assassin islamiste de Trèbes a d’abord voulu s’en prendre à des militaires du 3e régiment parachutiste d’infanterie de marine. Ce jeudi, des militaires de la 27e brigade de Montagne de Varces, dans l’Isère, ont été agressés par un homme au volant de son véhicule. Nous sommes en guerre sur notre sol national et l’on continuerait sans bouger les lignes de façon significative ?

Au moment où je mets le point final à ce papier, mon téléviseur en veille, j’entends le cri de douleur d’une des veuves de Trèbes devant le cercueil de son mari, en présence du Premier ministre. Les petites statistiques déroulées par M. Castaner lors d’une matinale me semblent alors d’une profonde indécence. Si ce gouvernement ne veut pas écouter les sondages, entendra-t-il les cris de douleur et ceux de la saine colère qui monte ?

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