Français, arrachez vos boulets

Voyageur
 

J’ai récemment publié ici même un papier reaganien-thatcherien disant mon ras-le-bol des chômeurs de longue durée qui ne faisaient rien pour s’en sortir par eux-mêmes. La réponse ne s’est pas fait attendre, sous la forme d’un excellent article de Georges Michel. La description qu’il fait de la situation apocalyptique vécue par certaines familles me donne une occasion inespérée de poursuivre mon propos, en allant un tout petit peu plus loin.

Monsieur Michel pose une famille dont le chef travaille à l’usine.

Combien de nos concitoyens travailleront encore « à l’usine » dans un futur proche ? La fabrication, mis à part quelques industries très spécialisées, est partie depuis longtemps dans les pays asiatiques. Et ce mouvement ne fait que s’accélérer.

Il faut le crier HAUT ET FORT, pour rendre SERVICE à nos concitoyens : imaginer qu’on peut gagner son pain quotidien sur le modèle en vigueur de 1880 à 1980 (donc, pendant une très courte période de l’Histoire), c’est une énorme erreur qui pourra vous coûter très cher.

Le futur, en Europe (en fait, déjà le présent), n’est évidemment pas dans un travail sédentaire salarié. Ça, c’est le passé. Une petite période.

La famille décrite par monsieur Michel vient de s’endetter pour trente ans pour acheter une bicoque. Là encore, c’est une énorme erreur. Pardon, hein, mais la bonne gestion, c’est de n’acheter que ce que l’on peut payer. S’endetter pour trente ans pour acquérir un machin qui vous cloue au sol, ce n’est pas une erreur… c’est quasiment un crime de mauvaise gestion familiale.

In fine, ainsi que l’explique très bien l’auteur, la famille en question se retrouve pieds et poings liés par la banque. Mais qu’on ne cherche pas mes larmes devant cette situation créée de toutes pièces par la famille en question.

En résumé : vivre en 2017 comme l’on vivait en 1950, c’est, au mieux, de l’inconscience, au pire, du suicide de groupe.

Le fantasme de la propriété de maison, quand on n’en a ni les moyens ni une raison, est ridicule. De toute façon, vos gamins la vendront alors que votre cadavre ne sera même pas froid.

Dans le monde d’aujourd’hui, dans les capitales modernes, les appartements se louent de plus en plus meublés. Pourquoi ? Parce que la vie d’aujourd’hui est redevenue nomade. Le problème n’est pas de le regretter ou non. Le problème, quand on est chef de famille, est de regarder la réalité en face et d’assurer le futur de ses proches en prenant ses responsabilités. Je ne crois pas que vivre comme en 1950 fasse partie des solutions.

La maison Phénix de vos parents, qu’ils ont mis trente ans à payer, elle ne vaut rien, ne sert à rien et vous cloue au sol.

Le monde d’aujourd’hui est un énorme champ d’occasions. Chacun peut s’inventer une nouvelle vie, apprendre un nouveau savoir-faire. YouTube déborde de tutoriels. Les universités offrent des siècles de cours en ligne. Le chemin n’a jamais été aussi court entre une idée et sa réalisation.

Sortez, bougez, rencontrez du monde, confrontez vos idées.
Frottez-vous à la réalité.
N’attendez rien de l’État, si ce n’est un cadre législatif (changeant).
Emmenez vos enfants dans les pays qui correspondent à vos attentes.
De grâce, bougez, bougez, bougez.
L’absence de mouvement, ça porte un nom : ça s’appelle la mort.

POUR ALLER PLUS LOIN