Loi El Khomri : le communautarisme en embuscade

Journaliste

Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

 

La réforme du Code du travail est une nécessité absolue. Qui pourrait absorber ses 1.500 grammes de papier, ses 3.400 pages et ses 4.000 articles ? Aucun chef d’entreprise, à coup sûr. Et avec difficulté quelques avocats ou conseillers juridiques. Pour réformer ce code et le réduire à quelques centaines de pages et d’articles d’un manière sérieuse, studieuse et minutieuse, Myriam El Khomry pouvait-elle le faire en quelques semaines ? Poser la question, c’est (déjà) y répondre négativement.

Mais une fois de plus, notre mal-aimé président de la République a voulu bluffer les Français. Il a prié son Premier ministre de mettre les bouchées double pour la rédaction de cette nouvelle loi supposée rendre du travail à quelques millions de chômeurs. Stressé, notre ministre du Travail en est tombé dans sa baignoire. 

Je ne sais pas si l’article 6 de ce nouveau code est de son fait à elle. Née à Rabat mais française intégrée, de père marocain et d’une mère bretonne, mariée à Loïc, un Bordelais pure souche, dont elle préfère n’utiliser le nom que pour commander des pizzas (sic), Myriam El Khomry n’a que peu de rapport avec la religion de ses ancêtres paternels. Alors, cet article 6 du projet de loi est-il dû à Manuel Valls, dont on dit qu’il a inspiré sinon rédigé ce projet tant décrié ?

Voici cet article que très peu de médias ont repris, en dehors de Marianne et de quelques blogs de la réinfosphère : « La liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. » Décryptage : vous devez laisser prier vos employés, et laissez libre court au port du voile.

Malika Sorel, qui n’a jamais eu peur de décrypter ce que le gouvernement essaye de mettre en place en toute discrétion, et avec la collaboration d’une presse soumise aux ordres du pouvoir via les centrales d’achat des espaces publicitaires (mais ceci est une autre et passionnante histoire), vient de déclarer : « À défaut d’instaurer la neutralité religieuse en entreprise, attendue par les patrons et les salariés, il eût fallu que ce projet de loi Travail ne mentionne rien à ce sujet pour ménager aux entreprises la possibilité de se doter d’un règlement intérieur. »

Comment les entreprises peuvent-elles accepter de se laisser ainsi passer la bride, alors même qu’elles sont aux premières loges pour constater et déplorer la montée en puissance, ces dernières années, des demandes liées à la pratique religieuse ? Ces dernières ont même conduit au doublement du nombre de conflits, au sein des entreprises, en seulement un an, comme en atteste l’étude publiée en avril 2015 par l’Observatoire du fait religieux en entreprise et l’Institut Randstad.



Ce fameux article 6 est donc l’exemple type d’une nouvelle loi qui, après le vote en catimini début mars de la nouvelle loi sur l’immigration, va favoriser le communautarisme et accélérer l’islamisation de notre société. 

Sans aller jusqu’à parler de l’obligation d’ouvrir des mosquées dans les grandes entreprises, cet État socialiste qui a fait de son combat pour la laïcité un chef-d’œuvre d’hypocrisie va, une fois de plus, donner les pleins pouvoirs à une religion de s’imposer au sein de nos entreprises. Les 5 prières par jour seront-elles décomptées du temps de travail ? On peut en douter. Nos chefs d’entreprise seront-ils obligés de fournir des tapis de prière lors de la signature d’un contrat de travail ? Affaire à suivre.

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Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

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