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Fillon, l’ingérence russe et Richard Virenque

Satiriste polémiste
 

Lorsque l’on veut recueillir la quintessence de la propagande officielle, il est bon d’écouter les flashs info des radios musicales. En quelques secondes, des animateurs à la voix sotte et juvénile exposent aux jeunes esprits les informations clés que la caste tient à véhiculer. C’est du France Inter ou du France Info, mais en condensé et en volontairement crétin.

Et de quoi donc parlait-on, ces jours-ci, sur ces radio-là ? Essentiellement des rebondissements de l’affaire Fillon et de la tentative d’ingérence russe dans les élections françaises ; deux opérations de matraquage médiatique qui rappellent fort les affaires de dopage dans le cyclisme !

Souvenez-vous de cette affaire Festina déclenchée au cours du Tour de France 1998 par la découverte de produits dopants dans le coffre du véhicule du soigneur belge de l’équipe, lequel s’empressa de charger son coureur vedette : Richard Virenque. Ce dernier eut ensuite beau assurer qu’il avait été dopé « à l’insu de son plein gré », il fut abandonné aux dents acérées de la meute journalistique et l’équipe Festina fut exclue du tour. Coureurs et commentateurs (comme Laurent Jalabert) justifièrent l’éviction du mouton noir par ce curieux argument : « Les imbéciles doivent payer. » En clair : tout le monde se dope, tout le monde le sait, mais celui qui se fait prendre mérite d’être sacrifié. Virenque était coupable, mais pas plus que les autres coureurs de ce tour maudit.

Les accusations concernant l’ingérence russe dans les élections américaines ou françaises sont, de la même manière, très vraisemblablement fondées. On n’imagine mal les diplomates et les services secrets d’une grande puissance ne pas s’occuper de la vie politique d’une autre puissance potentiellement amie ou rivale. Le véritable scandale réside donc uniquement dans le choix médiatique de ne reprocher cela qu’à la Russie de Poutine ; l’ingérence du Qatar et de l’Arabie saoudite dans les affaires politiques françaises est pourtant avérée à un niveau incomparable plus inquiétant et WikiLeaks a démontré que Nicolas Sarkozy était allé, en 2007, prêter allégeance à l’ambassade des États-Unis. Ladite ambassade étant située à 300 mètres de l’Élysée, on peut mesurer concrètement l’indépendance de nos dirigeants ! Alors pourquoi la Russie seule est-elle mise en accusation ? La première réponse est sans doute liée à ses succès insolents en Syrie et ailleurs : les concurrents de Virenque reprochaient aussi cela à l’équipe Festina, en particulier l’équipe de l’US Postal, qui triompha lors des sept tours suivants avec le très propre Lance Armstrong ! Ainsi reproche-t-on à la Russie de s’opposer à l’hégémonie et au totalitarisme libéral-libertaire de l’oligarchie mondialiste.

La comparaison vaut aussi pour l’affaire Fillon. Les emplois de sa femme et de ses enfants et, plus encore, l’affaire de sa société de conseil posent d’évidents problèmes éthiques, mais la liste des politiciens français qui ont autant et surtout pire à se reprocher est interminable. François Fillon n’avait pas axé sa campagne des primaires sur sa probité par cynisme mais bien parce que, dans son milieu, il fait partie des plus honnêtes. Le véritable scandale réside donc dans l’acharnement politico-judiciaire et médiatique. Comme Virenque et Poutine, le bouc émissaire Fillon est victime de son succès – aux primaires de la droite, en l’occurrence. Il est, aussi, victime de sa réputation, pourtant largement usurpée, de conservateur catholique, ami de la Russie. On lui reproche, au fond, de n’être pas Juppé, le candidat initial de la caste, ni Macron, le candidat de secours si bien loué par les animateurs radio à la voix sotte et juvénile.

Virenque, Poutine et Fillon n’ont pas été attaqués à cause de leurs vices mais à cause de leur relative vertu, et les authentiques démocrates devraient soutenir comme un seul homme notre Fillon-Virenque national, malhonnête à l’insu de son plein gré plutôt que le factice mais redoutable Macron-Armstrong, vendu corps et âme aux puissances financières supranationales.

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