Fête de la musique à l’Élysée : un couple présidentiel branché pour une France en décomposition…

Nicola Sirkis nous a dit ce que nous étions.

Questionné par Laurent Delahousse (France 2) sur la fête de la Musique célébrée à l’Élysée, le chanteur d’Indochine est revenu sur les polémiques : « Il a reçu des artistes noirs, immigrés et homosexuels », commence-t-il, avant de poursuivre sur les Français qui critiquent ce choix : « C’est une vieille France qui parle comme ça […] c’est à la fois homophobe, raciste et c’est pas ce que nous avons envie d’entendre » (Morandiniblog).

La cause est entendue.

Le couple présidentiel est moderne, branché, progressiste et la majorité des citoyens qui, au-delà de la politique, ont été choqués par cet histrionisme au plus haut niveau sont forcément racistes, homophobes, décalés. On n’a plus envie de laisser la parole à cette France-là. Décidément, elle ne parvient pas à être au goût du jour !

A-t-on le droit, pourtant, de s’élever contre ce procès expéditif qui fait s’allier la marginalité et le snobisme ?

D’abord, il est clair que le couple présidentiel surjoue l’allégresse. Je ne peux pas imaginer qu’il n’ait pas mesuré, même fugitivement, malgré le jeunisme qui est son obsession au propre et au figuré, l’anomalie d’une telle représentation en un tel lieu. Manu, je l’ai déjà écrit (« Emmanuel Macron file un mauvais coton« ), n’est rien comparé à cette pantalonnade moins décontractée que ridicule.

Et offensante pour les Français.

Les danseurs queer du DJ Kiddy Smile, comme chez eux, laissant un peu de place à Emmanuel et Brigitte Macron !

Le couple présidentiel aurait eu la résolution, le même soir, de se laisser encadrer par un autre groupe accoutré de la même manière, blanc, hétérosexuel et français de souche que j’aurais réagi sur un registre identique.

Ce qui cause problème est le rapport que le couple présidentiel a décidé de nouer, sur un mode provocateur, avec des invités qui n’étaient destinés qu’à surprendre « le bon peuple », tous ces gens qui ne comprennent rien à l’audace artistique ou festive.

Ce qui est difficile à admettre est la lente dérive de l’allure présidentielle vers une peopolisation que je croyais à jamais répudiée du pouvoir, tant Emmanuel Macron avait su réfléchir sur les dysfonctionnements des quinquennats précédents. Nicolas Sarkozy n’est plus là et François Hollande se figure qu’il pourra revenir : pourtant Emmanuel Macron, à sa manière, nous ressert leur couvert.

Plus gravement, une présidence de la République, en ouvrant légitimement les portes de l’Élysée à une fête populaire, n’a-t-elle pas pour obligation de se tenir dans un juste milieu, de constituer une sorte de synthèse entre des extrêmes, délirants ou archaïques ? Plutôt que d’aller prendre le parti ostensible de la minorité et de la marginalité ? Ce n’est pas être raciste et homophobe que de considérer que la France n’est pas encore en masse immigrée et homosexuelle et de s’étonner qu’Emmanuel Macron n’en tienne pas compte.

Surtout, j’en ai assez de cette décadence d’une société et d’un pays qui inversent avec une volupté masochiste les valeurs fondamentales avec, parfois, le concours d’une autorité suprême qui devrait, au contraire, les maintenir, les sauvegarder.

Ce n’est pas pousser le trait que d’affirmer qu’aujourd’hui, c’est à la nature de justifier son existence. À la normalité, la sienne. À la parole, de démontrer qu’elle vaut mieux que la grossièreté du langage. À la politesse, qu’elle vaut mieux que la vulgarité. À la morale, qu’elle vaut mieux que la malhonnêteté. À l’ordre, qu’il vaut mieux que le désordre. À la tradition, qu’elle mérite plus que la destruction. À la forme, que l’informe.

Cette fête de la Musique à l’Élysée a ajouté sa pierre chic et frelatée à cette décomposition.

Dommage.

Extrait de : Justice au Singulier
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