Féminisme : une gestapiste au Panthéon ?

Journaliste, écrivain et essayiste.
 

Violette Morris bientôt panthéonisée ? Au « titre de la Résistance »… qui l’a pourtant flinguée le 26 avril 1944 ! C’est pourtant la brillante suggestion de la féministe professionnelle, et licenciée en histoire, Caroline De Haas, sur Europe 1 le 2 septembre dernier. Mais qui était Violette Morris ?

Encore une idole féministe dont le culte est d’une discrétion excessive. Quelle injustice ! Pourtant la modeste Violette (1893-1944) fut d’abord une héroïne de la guerre de 14-18, ambulancière sur la Somme, puis estafette à Verdun.

Ensuite, elle devint pionnière du sport féminin. Meilleure mondiale au lancer du poids pendant des années, elle s’est également distinguée au disque, javelot, football, course automobile, cyclisme, motocyclisme, natation, tennis, water-polo, boxe, équitation, aviation, tir à l’arc, plongeon de haut vol, haltérophilie, sans oublier la lutte gréco-romaine : n’en jetez plus…

L’amazone va jusqu’à subir une « mastectomie bilatérale », c’est-à-dire l’ablation des deux seins, qu’elle a très généreux, et qui la gênent au volant, assure-t-elle.

Évidemment, les institutions « patriarcales » d’alors la persécutent. On lui sucre sa licence à la veille des Jeux olympiques de 1928, sous prétexte d’atteinte aux bonnes mœurs.

Elle riposte par un procès contre la Fédération française sportive féminine, qui interdisait le port du pantalon à ses affiliées. Le tribunal sexiste la déboute et la condamne aux dépens, en invoquant la célèbre ordonnance du 16 brumaire an IX (celle-là même qui interdisait aux femmes de porter lesdits pantalons).

Violette Morris en conçoit une profonde amertume, qui explique peut-être en partie qu’invitée d’honneur aux Jeux olympiques de Berlin, en 1936, elle y accepte de devenir une espionne nazie rétribuée.

Elle aggrave encore son cas lorsque l’Allemagne nationale-socialiste occupe la France. Elle rejoint les truands qu’elle fréquentait de longue date dans la « Carlingue », la Gestapo française, et s’y livre à des atrocités, se spécialisant dans la torture des femmes. Mais c’est son activité de contre-espionnage en Normandie qui attire l’attention de l’Intelligence Service et du BCRA (services secrets de la France libre à Londres), qui la condamnent à mort.

Le 26 avril 1944, huit mitrailleurs du maquis arrosent sa Traction avant. Elle bondit au-dehors, pistolet au poing, achevée immédiatement.

En 2011, un livre de Marie-Jo Bonnet conteste ceux de Raymond Ruffin et Jean-Émile Néaumet, sur les points les plus noirs du pedigree de Violette Morris. Ah… nos amies féministes pourront bientôt récupérer une idole particulièrement décorative ! Caroline De Haas n’aura fait que brûler les étapes, féministe habituée qu’elle est à nier l’évidence. Et il n’est pas incongru de prétendre que Jean Moulin puisse attendre encore quelque peu avant de reposer en si galante compagnie…

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