Armées - Editoriaux - 20 septembre 2018

Féminisation des armées : 10 % d’officiers généraux féminins en 2022 ?

La semaine dernière, Florence Parly, ministre des armées, déclarait devant les députés, dans un magnifique enfilage de lieux communs, que « nos armées doivent être attractives, modernes et ouvertes. Elles doivent évoluer en fonction du rythme de la société. » Tout d’abord, notons que les armées n’ont pas attendu Mme Parly pour évoluer en fonction du rythme de la société : elles ne cessent de le faire depuis plus d’un demi-siècle et, à bien y regarder, sans doute depuis toujours. Le soldat de 2018 qui crapahute dans le désert du Sahel ne ressemble pas beaucoup aux bidasses en folie joués par les Charlots dans les années 70 ! Et l’époque où l’on chantait « Pas de femmes » dans les armées d’opérette est bien loin !

Il faut, surtout, souhaiter que nos armées évoluent en fonction du rythme de la guerre qui, elle, se moque de la parité, des quotas et autres égalité entre les sexes. C’est ce que sont en droit d’espérer les Français qui payent des impôts pour que leur sécurité collective soit assurée.

Ces propos, le ministre les a tenus au moment où il vient de confier à une amirale l’élaboration d’un plan pour faire progresser la mixité hommes-femmes dans les armées et lutter contre le sexisme. Se fixer, entre autres objectifs, celui de « consolider l’égalité professionnelle, de veiller à la conciliation entre vie familiale et engagement militaire » est fort louable, mais précisons quand même qu’à grade, ancienneté, qualifications et responsabilités de même niveau, les militaires perçoivent, sans distinction de sexe, la même solde. Les armées qui s’alignent sur la fonction publique n’ont pas de leçons à recevoir des « start-uppers » qui nous gouvernent. Au passage, on notera que le ministre fait entrer de plain-pied la notion de genre dans les armées. Je le cite : « Les femmes doivent savoir que les armées sont ouvertes et accessibles, et qu’elles seront jugées en fonction de leur talent et de leur mérite et en aucun cas en fonction de leur genre. » Apparemment, le mot « sexe » brûle les lèvres du ministre.

Et mardi, alors qu’il s’exprimait devant l’association Avec les femmes de la Défense, le ministre est allé encore plus loin : « Sous l’uniforme, il n’y a plus de femmes, plus d’hommes, il n’y a que des militaires. » À voir. Dans les années 80, alors que la féminisation dans les armées s’épanouissait timidement mais sûrement, un général qui se voulait en pointe tenait le même discours et expliquait aux jeunes capitaines que nous étions que, pour lui, la mixité devrait être totale dans les armées : y compris dans les chambrées et sous la douche. À voir aussi.

Il n’y a plus de femmes, plus d’hommes, que des militaires. Mais le ministre veut plus de femmes qui accèdent aux étoiles d’officier général. Et elle vient de fixer un objectif : 10 % en 2022. 2022, c’est bien : c’est la fin du mandat d’Emmanuel Macron. Pourquoi 10 ? Parce qu’un chiffre rond, ça fait bien aussi. Est-ce réaliste ? La question n’a, évidemment, rien à voir avec le talent et le mérite des femmes qui servent dans les armées. En effet, pour « fabriquer » un officier général, il faut une petite trentaine d’années, le phénomène « petits marquis » n’étant pas le genre de la maison. Les généraux qui seront nommés en 2022 sont donc entrés en service autour de 1992. À titre d’exemple, sur cinq promotions entrées à Saint-Cyr entre 1990 et 1995, soit environ 750 officiers appelés à servir principalement dans l’armée de terre, on comptait moins de 10 femmes (moins de 1,5 %). Il est probable que cet objectif sera atteint pour l’ensemble des armées, notamment parce que les services communs sont largement féminisées (pour le service de Santé, à près de 60 %) mais pas pour l’armée de terre.

Le ministre aura beau se rouler par terre : l’idéologie se fracasse contre le mur de la réalité. 10 % d’officiers généraux féminins, pourquoi pas. Souhaitons, tout de même, sans sexisme aucun, que 100 % de ces femmes restent féminines…

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