Culture - Editoriaux - International - Politique - 8 avril 2017

Il faut connaître la langue politique

Dans l’ambiance troublée de l’actuelle campagne présidentielle, pour être mieux éclairé, il est indispensable de connaître le contenu ; ou le sens, ou la signification, de certains mots, locutions ou même noms propres.

Ainsi, voilà des années que nous sommes tympanisés par l’expression « grand frère », qui désigne les aînés calmant les voyous des « quartiers ». Son origine n’a rien de rassurant puisqu’en fait, passé par le conduit maghrébin, il s’agit purement et simplement de la traduction du mot turc « aga », qui désignait dans l’armée ottomane des XIXe et XXe siècles, les officiers subalternes, les « petits chefs » ! Les « grands frères » sont donc les petits chefs des voyous…

Un mot commence en ce moment d’être utilisé, par MM. Hollande et Macron, pour définir la force politique qu’ils essaient de constituer autour d’eux : « progressiste ». En France, la référence politique au « progressisme » la plus proche dans le temps a été « l’Union progressiste » qui avait, en 1958, six députés, dont MM. d’Astier de la Vigerie et Pierre Cot, et comme soutien, la très soviétique Banque commerciale pour l’Europe du Nord. Il s’agissait tout simplement de gens qui, n’appartenant pas au Parti communiste, avaient été « poissés » par le KGB ou ses prédécesseurs. Depuis, personne n’a osé mettre en avant ce terme. On comprend pourquoi…

M. Macron, haut représentant de la « finance » internationale – du fric, qui veut tant de bien à la France ! –, porte un nom – il paraît qu’on réalise son nom dans la vie – qui, dans le vieux dialecte picard, est un nom de métier : l’intermédiaire, l’intercesseur… Cela a donné par la suite, et abrégé dans le parler populaire, le « mac » !

Un sigle fleurit aujourd’hui : PNF, soit parquet national financier. Au cours du XXe siècle, il a été la propriété d’une formation politique encore et toujours célèbre – dans le monde entier : le Parti national fasciste, ou Partito Nazionale Fascista… Si les militants de la Chancellerie avaient eu un plus de culture et un peu moins de fanatisme, ils auraient peut-être hésité à l’appeler ainsi !

Il est toujours bon d’aller au fond des mots et des choses. On y trouve les vérités…

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