Lutte contre le terrorisme

Face aux terroristes, sommes-nous atteints du syndrome de Stockholm ?

Professeur
 

Sus aux croisés, qu’ils disent ! Mais ont-ils des yeux pour voir, des oreilles pour entendre ? Où voient-ils des croisés, nos djihadistes (« nos », puisqu’ils viennent pour la plupart de « chez nous ») ? En vérité, des bobos mignons tout plein, de braves gens remplis de bonnes intentions et qui pleurent sincèrement, et allument leurs bougies en chœur.

D’excellents chrétiens qui, comme un prédicateur dimanche, essaient d’expliquer ce que signifie « aimer son ennemi », s’en tirent plutôt bien mais s’arrêtent au moment crucial : que faire quand cet ennemi, que nous ne haïssons pas, commet l’injustice et choisit le mal et la violence ? Silence micro, silence en chaire. Surtout pas la croisade, horresco referens. Évidemment, ils sentent bien que les bisous et les prières ne suffisent pas, mais les mots leur manquent, comme aux prêtres et prélats divers pour répondre à ce fameux « Que faire ? »

Comme ils manquent au même moment crucial à quantité de nos concitoyens qui s’adressent aux islamistes comme à des gens raisonnables, à qui l’on peut prouver qu’on est sympa, qu’on aime la liberté, la musique, l’amour, la paix, l’apéro partagé, et donc qu’on ne mérite pas ce traitement. Ben voyons ! Pourquoi, disent-ils, les gens de Daech ne font pas comme les chrétiens qui ont renoncé à la croisade, à l’Inquisition, à la conversion ? Pourquoi sont-ils si méchants, malgré notre refus des amalgames, notre accueil des migrants, nos dons aux œuvres, notre horreur du FN et des nostalgiques des ratonnades, malgré nos journalistes complaisants, nos politiques constructeurs de mosquées ?

Mais QUE FAIRE ? Silence radio, silence micro, silence Twitter… Ils ne comprennent pas, nos concitoyens, ils sont là, yeux écarquillés et mains ouvertes comme des enfants battus quand ils essayaient de bien faire.

Ne sommes-nous pas – et je ne suis pas la seule à le croire – en plein syndrome de Stockholm ? Convaincus de ne pas mériter personnellement les mauvais traitements subis, mais prêts à tout pour survivre et surtout, surtout, ne pas regarder le mal dans les yeux. Ils ont peut-être leurs raisons, ces terroristes ? La colonisation, les croisades, les méchants Américains, les affreux Russes, les ignobles Européens esclavagistes, les banlieues en déshérence, le métissage encore facultatif, la répression des voiles, le refus du halal généralisé, etc.

Mais ils doivent comprendre que nous faisons des efforts, nous sommes gentils à présent, nous aimons tout le monde, nous ne croyons plus qu’au bien-être laïque et obligatoire, nous sommes prêts à corriger, compenser, réparer, récompenser : peut-être, alors, déposeront-ils leurs kalachnikov ou iront-ils se faire exploser ailleurs ? Autre forme du même syndrome, opposée en apparence : d’aucuns, sans avoir vraiment pour les terroristes les yeux de Chimène, ne laissent pas d’admirer leur conviction, leur ardeur meurtrière et suicidaire à la fois, leur capacité à semer la terreur, leur esprit de sacrifice et, disons-le tout net, leur virilité.