Face à Marie Sara, si le taureau pouvait voter, il choisirait Maître Collard !

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Marie Sara est une femme pressée. Pressée en prenant de haut les taureaux, d’où son choix hippique et non pédestre. Pressée de faire de l’argent, d’où son alliance avec son ancien compagnon Simon Casas, le faiseur de corridas en France. Pressée d’être célèbre, d’où une « peopolisation » à outrance qui, après son mariage avec Henri Leconte, va décupler sa renommée tauromachique. Pressée, enfin, de devenir député, d’où sa hâte à annoncer son investiture sur Twitter, sa « candidature pro-Macron aux législatives dans le Gard » :

« Le président de la République m’a sollicitée pour aller défendre ses valeurs dans mon territoire, mes terres de Petite Camargue, pour combattre le FN et l’obscurantisme… J’ai l’habitude de descendre dans les arènes, c’est un bel adversaire, je sais qui est Gilbert Collard, c’est aussi pour qu’il ne soit pas réélu que je suis candidate. »

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Avec une telle fougue, elle n’était pas loin de déjà crier victoire en réclamant oreilles et attributs de son adversaire !

Revoyons quelques points énoncés plus hauts. Marie Sara est avant tout une femme d’affaires qui a su utiliser la renommée tauromachique de Simon Casas. Ce dernier, de son vrai nom Bernard Dombs, est en cheville avec tous les grands toréadors espagnols. Pour assurer sa réussite, il s’est adjoint une ambassadrice de charme née curieusement à Boulogne-Billancourt, faisant de la tauromachie un monde de paillettes.

Comme le dit L’Actualité taurine, « elle est une grande “public relation” dont on ne doute pas un instant de l’efficacité ni de la compétence, mais cela dit, Marie… c’est Casas ». Nombreux sont ceux qui lui ont reproché de gagner plus souvent son triomphe dans les magazines que face au taureau. Elle répondait à ceux-ci, fin 1997, dans Libération : « Après tout, je suis un personnage public. C’est normal qu’on me voie dans Paris Match avec ma fille et Henri, c’est notre bouffe. »

Après son divorce avec l’ex-tennisman, elle devint Mme Lambert. Hélas, une tragédie mit fin à cette union avec le décès de son mari il y a un an.

Aujourd’hui, elle possède aussi bien une marque de vêtements qu’une société taurine, Kika. Société que le tribunal administratif de Marseille pointa du doigt en mars 2015 en annulant sa concession des arènes des Saintes-Maries-de-la-Mer. Le juge voyait dans cette attribution « une volonté de la personne publique [le maire]… de favoriser l’un des candidats ». Cette décision devait entraîner une information judiciaire pour un délit punissable de deux ans de prison et 30.000 € d’amende. Mais la municipalité fit appel et tout rentra dans l’ordre.

Pourtant, les principales accusations viennent non du monde taurin mais des anti-corrida. Certes, à cheval, elle ne tue pas le taureau mais les banderilles, c’est elle qui les enfonce et le trophée, sous forme d’oreilles et de queue, c’est elle qui l’obtient. Et puis elle a ces phrases délirantes qui choquent : « Je caresse le taureau, la pique, c’est la pénétration : ai-je besoin de faire un dessin. C’est une relation d’amour que je vis avec lui. »

Une relation amoureuse dont se passerait bien celui-ci. Marie Sara, c’est le bling-bling parisien converti en boucherie chevaline et taurine. Ah ! il est certain que si le bovidé pouvait voter, il laisserait tomber « l’amoureuse » pour choisir l’avocat.

Si Marie Sara tue les taureaux qu’elle respecte, il est alors facile d’imaginer ce qu’elle réserve aux électeurs FN qu’elle déteste !

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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