Éducation

En fac aussi, ça gronde à la rentrée


Docteur d'Etat en droit public, avocat, maitre de conférences des Universités

 

Voici revenu, avec la rentrée universitaire, le temps des protestations contre l’opacité des inscriptions en master 2.

Il s’agit là d’une conséquence de l’uniformité voulue par l’Union européenne.

Dans toute l’Union européenne et dans toutes les matières sévit désormais le rythme LMD (licence 3 ans, master 5 ans, doctorat 8 ans).

Les universités ont officiellement obtempéré, mais dans la réalité la licence en 4 ans (dite « maîtrise », actuel master 1) continue d’être considérée comme la fin des études généralistes, et le master 2 continue à être traité « à part », tant il est vrai que le rythme de trois ans est trop court pour englober l’intégralité d’une matière. Le résultat est évidemment que l’étudiant fait son master 1 dans sa fac d’origine en cohérence avec l’enseignement généraliste dispensé, et va chercher ailleurs un master 2 spécialisé.

Si bien que le texte de la loi qui assure à chaque étudiant la possibilité de poursuivre un master 2 dans son université est, évidemment, lettre morte.

Car les master 2 ont conquis, dès leur création, cette liberté pédagogique qui en fait vraiment, sous l’égide des professeurs qui les fondent, des formations professionnalisantes. Or, le succès d’un master rend son accès très sélectif. En master « Diplomatie et négociations internationales » à Paris Sud, nous recevons chaque année 500 candidatures venues du monde entier pour 50 places de master ! Faut-il privilégier les étudiants de Paris Sud, quel que soit leur niveau, ou constituer avec ces étudiants venus de partout et dûment sélectionnés un groupe stimulant de futurs diplomates ? La seconde option s’impose.

Ne remettons pas en cause ce havre unique de liberté et d’excellence dans nos universités au nom de l’égalitarisme soviétoïde et uniformisant voulu par l’Union européenne.

Mais prévenons les étudiants et leurs parents contrariés par la mobilité décidée brusquement, en juillet, quand tombent les résultats des jurys de sélection de master 2

Et disons-leur la vérité : seule une formation sélective de fin d’études permet que le diplôme soit vraiment la porte ouverte sur l’emploi et non une distinction honorifique ouvrant sur celle… de Pôle emploi.

Docteur d'Etat en droit public, avocat, maitre de conférences des Universités