Editoriaux - 12 septembre 2018

Fabrice Luchini en maire de Lyon. Le film qui contrarie Gérard Collomb

Le tournage, à Lyon, d’un film dans lequel Fabrice Luchini joue le rôle du maire de la ville chagrine Gérard Collomb. Pourquoi Lyon ? Pourquoi la mairie ? Pourquoi ce personnage de Luchini dans le rôle d’un maire à bout de souffle, blasé, usé par le pouvoir ? Tellement mal dans ses baskets que son équipe décide de lui adjoindre l’appui d’une philosophe pour le remotiver. Quel portrait !

Selon plusieurs sources ébruitées par France Info, l’actuel ministre de l’Intérieur, qui n’est plus du tout maire de Lyon (qu’on se le dise !), aurait fait pression sur la majorité municipale pour qu’elle retire son soutien au tournage de ce machin sans queue ni tête. Terminé, les locaux de la mairie pour servir de cadre plus vrai que nature au déroulement du scénario, terminé, les élus qui auraient été tentés de figurer quelques personnages. Qu’ils se débrouillent ! Le réalisateur d’Alice et le maire, Nicolas Pariser, s’est donc rabattu sur les bâtiments du conseil départemental.

Tellement chagriné, le Gérard, qu’il serait allé jusqu’à demander personnellement à Fabrice Luchini de choisir une autre ville que Lyon. Tenez, Béziers, par exemple. Cette ville aux mains d’un dictateur sanguinaire ne présentait-elle pas tous les atouts pour raconter l’histoire d’un élu déboussolé, à côté de la plaque, honnis de ses administrés ? Et Fréjus ? C’est pas une belle ville, Fréjus ? La mer, la plage, les pédalos ? Rien à faire. Le film se tourne bel et bien à Lyon, et nulle part ailleurs.

Le bug de l’affaire réside plutôt dans le choix de Fabrice Luchini pour incarner celui auquel tout le monde pense. D’accord, Paul Préboist est mort et Bourvil aussi, mais il devait bien y avoir, quelque part, dans une agence de casting, un acteur qui présente le profil en rapport avec le personnage. Un sosie de Jean Lefebvre ou de Darry Cowl. En mâtinant son jeu d’un soupçon d’OSS 117, Jean Dujardin eût été parfait. Mais ne vendons pas la peau de Gérard avant de l’avoir tannée : à coup sûr, les multiples facettes du talent luchinien sauront donner au personnage la dimension qui lui convient.

D’ailleurs, le réalisateur réfute l’idée de s’être inspiré du véritable ex-maire de la ville. « C’était vraiment la fonction qui m’intéressait. À vrai dire, avant qu’il ne devienne ministre de l’Intérieur, je ne le connaissais pratiquement pas. » Mais nous non plus ! La découverte fut immense. Gérard Collomb a surgi d’un gâteau au cours d’un meeting d’Emmanuel Macron. Surprise du chef. Cadeau à la foule en délire. Un héros naissait. Une éclosion. La chenille devenue papillon voletait de commissariat en commissariat, de conférences de presse laborieuses en interviews pénibles. Boute-en-train inversé, mascotte démoralisante, pom-pom boy qui casse l’ambiance. Une première sous la Ve.

Alice et le maire, le film que Gérard Collomb va peut-être tenter de réserver aux adhérents d’En Marche ! Entrées filtrées. Exclusivement sur présentation de la photo d’un pingouin en marche sur la banquise. Le symbole d’un long cheminement pour arriver jusqu’à Emmanuel. Et c’est pas un film à la noix qui va ruiner tant d’années d’effort !

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