Pour éviter que Macron ne soit le dernier président de la République française

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À la mi-février 2002, Jean-Pierre Chevènement fit le choix de ne pas être le second à l’élection présidentielle. À gauche, on lui fait le reproche d’être le tombeur de Jospin alors qu’il fut surtout la cause de la déconfiture d’une alternative souverainiste ; de gauche uniquement, non justement pas, et c’est pour maintenir le clivage archaïque que le Che déserta.

Aurait-il été élu contre Chirac ? Sans doute pas, mais il aurait incarné une opposition bien différente, nationale, sans dérives sociétales ni distorsions historiques, antilibérale, colbertiste, euro-critique, bref, il aurait empêché, par ricochet, que le FN s’empare de ces thèmes et les porte avec le succès et les limites – hélas – que l’on connaît.

Certains méchants ajoutent que ce fut pour ses amis, afin que ceux-ci conservent leurs mandats d’élus… sous contrôle du PS.
Voici que l’on retrouve ces persifleurs dans une interrogation concernant Nicolas Dupont-Aignan. Faut-il le rappeler, l’homme est droit, honnête, courageux, peu enclin aux compromissions ; du genre hautement capable d’exercer le pouvoir et mal adapté à le conquérir.

Que pensent donc ces sévères observateurs ? Les critiques de Dupont-Aignan contre Fillon, légitimes sur un plan dogmatique, sont devenues, au fur et à mesure de la manipulation médiatique contre le candidat « de la droite et du centre », désagréables sur un plan politique. Que croit-il ? Que les électeurs du fonds gaulliste de l’ex-UMP vont se porter en masse sur son nom ? Que ceux qui, dans ce camp, sont sensibles à la propagande moralisante vont le rejoindre, oubliant son programme économique de rupture ? Que les électeurs macronistes, bêlant par défaut, vont changer de gendre idéal ? Rien n’indique un tel mouvement dans l’opinion.

Durant les quelques jours où Fillon fut abandonné de tous, la main charitable de Dupont-Aignan aurait sans doute pu infléchir le programme de Fillon et lui rappeler qu’il fut un proche de Philippe Séguin.

Il existe des scénarios qui verraient l’élection de Marine Le Pen, mais avec quelle majorité ? Je ne parle pas seulement du Parlement, mais bien de la nation tout entière. En prévoyant le recours au référendum, Marine Le Pen montre qu’elle sait qu’il lui faudra en appeler au peuple plébiscitaire. Cela ne me dérange nullement, mais nous devons alors nous préparer à des luttes d’une violence inouïe, tant le mondialisme totalitaire ne lâchera pas la proie « France ».

Fillon ne me convient pas : libéral et pro-Union européenne convulsif, il sera rattrapé et contraint par les ennemis mortels de notre nation ; cependant, le risque est immense que Macron, élu, soit le dernier président de la République française. Alors, à l’instar de ce qui aurait été préférable en 2002 – un second tour Chevènement/Chirac -, ne faut-il pas souhaiter un second tour Le Pen/Fillon afin de ne pas insulter l’avenir patriote et souverainiste ?

Les deux chevaliers blancs – Dupont-Aignan et, maintenant, Asselineau – ne se trompent-ils pas d’époque, pensant être dans un tournoi de charmants preux devant gentes dames, alors que nous sommes dans l’appel impératif de la nation en danger.

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