Armées - Editoriaux - Histoire - 5 octobre 2018

Eux aussi victimes des guerres : nos animaux, ces héros !

De toute éternité, le soldat et l’animal n’ont fait qu’un. Le cavalier et son cheval et même les éléphants et leur Hannibal. Cela, tous ceux qui ont fait la guerre, surtout la première, le savent. Huit millions de chevaux, deux cent mille pigeons voyageurs et cent mille chiens de guerre reposant au champ d’honneur, ce n’est pas rien. Après la seconde, des milliers de moutons trouveront encore la mort en aidant à déminer les plages de Normandie. En tout, cent vingt mille animaux seront décorés à titre posthume après ces deux conflits mondiaux.

En cette année de commémoration de la terrible boucherie de 14-18, l’association Paris Animaux Zoopolis vient d’obtenir de la mairie de la capitale l’érection d’un monument commémorant le sacrifice des meilleurs amis de l’homme. L’initiative a immédiatement été soutenue par la fondation Brigitte-Bardot : « Tous ces animaux ont été d’un courage exemplaire et d’une grande efficacité. Ne les oublions pas. »

Et n’oublions pas, non plus, les plus humbles d’entre eux. Les ânes, par exemple, dont Amandine Sanvisens, porte-parole de Zoopolis, rappelle : « Grâce à leur petite taille, ils allaient dans les tranchées et amenaient le pain, mais aussi les munitions aux poilus. » On notera que ce mémorial a également reçu le soutien du Souvenir français, l’une des principales associations d’anciens combattants.

Bref, on dira que l’affaire fait consensus, à juste titre, même si elle ne présente rien de véritablement inédit : les premiers monuments du genre furent érigés dès la fin de la Grande Guerre, tous belligérants confondus, tandis qu’en 2004, à Londres, un mémorial était érigé, sur lequel on peut lire : « À tous les animaux qui ont servi et sont morts dans les guerres et campagnes de tous les temps. Ils n’avaient pas le choix. » En une époque où l’on commémore à peu près tout et n’importe quoi, voilà qui ne tombe pas tout à fait à côté de la plaque, quelle soit ou non commémorative.

Mais il fallait bien que quelque chose ou quelqu’un vienne faire tache dans le paysage. L’équipe d’Anne Hidalgo a donc répondu présente à l’appel, par la voix de Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de la Mémoire et du Monde combattant, qui a tenu à préciser : « Il y a une différence notable entre les humains qui sont porteurs de civilisations et de valeurs et les animaux. » Sans blague ! Dire que si on ne nous l’avait pas dit, on n’en aurait rien su.

Après, comme toujours, ça se discute. Le chien qui aidait à sauver des vies humaines dans les bombardements n’était peut-être porteur ni de « civilisations » ni de « valeurs ». Mais les hommes et les femmes qui, sous les applaudissements de ces édiles municipaux, ont érigé un plug anal en plein Paris et un vagin de la reine dans le château de Versailles le sont-ils finalement plus ?

Comme quoi nos amis les bêtes le sont parfois moins que certains humains. Alors que ces lignes sont écrites, le chat de la maisonnée opine du chef et de la moustache.

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