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Europe-Union européenne : pas d’amalgame…

Avocat, universitaire, essayiste
 

En écoutant la propagande formatée des médias en ce matin du soixantième anniversaire du traité de Rome, on retrouve la sempiternelle supercherie : la seule voie possible serait d’aller toujours plus loin dans la fédéralisation antidémocratique. Les échecs que tout le monde constate aux plans économique, migratoire et sécuritaire ne seraient pas la conséquence calamiteuse de la voie bruxelloise. Au contraire : il faudrait « aller toujours plus loin » dans cette direction pour résoudre les terribles difficultés actuelles !

Quant à la révolte de chair, de colère et d’angoisse des citoyens, on croit l’insulter en la traitant de « populisme ». Dont l’antonyme est « ploutocratisme ». Au mieux, on la désigne du nom de souverainisme (dont l’antonyme est « soumissionnisme »).

Rappelons qu’en 1992, avec une faible participation (69,70 %), le oui à Maastricht ne l’emportait qu’avec 51 % des suffrages exprimés (mais 3,4 % de blancs et nuls… des fraudes ?). Le traité de Maastricht n’avait été aussi minoritairement voté que sur la base des mensonges et des chantages de la caste politicienne asservie, et mettait fin à la préférence communautaire, ce pilier du traité de Rome. C’est qu’il s’agissait de ployer l’Europe aux « règles » mondialistes de l’OMC (traité de Marrakech en préparation) imposées aux peuples du monde sans leur accord deux ans plus tard.

En 2005, la nation française votait à 55 % contre le projet de « Constitution » (sic) européenne. La caste politicienne, si inféodée aux multinationales et à la finance (déjà) décidait alors d’un véritable coup d’État et d’une trahison de la France et des Français : le vote au Congrès en 2008, par le système de partis (PS et UMP en compérage), du traité de Lisbonne identique à la « Constitution » rejetée par notre nation.

Aujourd’hui, on estime que plus de 60 % des Français sont désormais opposés à cette Union européenne bruxelloise.

Nicolas Dupont-Aignan a bien compris cet échec et cette révolte. Il propose de rebâtir une Europe de vérité, de liberté, de dignité, d’identité pour redonner leur prospérité aux nations. Une Europe confédérale sur la base d’un nouveau traité adopté par des référendums dans chaque pays. La faille entre les souverainistes (FN, DLF, UPR ; FDG d’une certaine manière ; et quelques survivants de l’ex-UMP) et, d’autre part, les « soumissionnistes » n’a jamais été aussi béante. La perspective que Macron puisse entraîner la France dans l’évitable abîme doit conduire à un sursaut patriotique. Désormais, chacun sent bien que c’est la patrie, ou la division et la mort.

Toutefois, le Brexit, le vote des Néerlandais contre l’accord sur l’Ukraine sont de nature à redonner confiance dans le proche triomphe du bon sens économique et politique. On ajoutera le refus – qui sera décisif pour la décennie à venir – de l’administration Trump, lors d’un sommet du G20 à Baden-Baden en Allemagne (17 et 18 mars), de signer la « traditionnelle déclaration commune louant un commerce libre et stigmatisant le protectionnisme » (une première depuis plus de dix ans !).

Hardi ! Encore un effort : l’usine à gaz bruxelloise n’est plus qu’un décor en carton habité par de minables zombies (voir le lamentable maintien physique de Juncker et Hollande pendant le discours du pape vendredi soir au Vatican).

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