Editoriaux - Société - 8 octobre 2018

Être une femme au pays des féministes 2.0

Il y a quelques mois, la presse relayait une « fausse information » concernant la loi Marlène Schiappa sur le harcèlement de rue… On prétendait qu’un regard appuyé eût pu provoquer une verbalisation. Tout le monde s’est offusqué, c’est la moindre des banalités, mais finalement, on s’est aperçu qu’il s’agissait d’un ensemble de comportements jugés sexistes, dégradants et intimidants, dont ce fameux regard appuyé. Alors, rassuré, tout le monde a souri en levant les mains du clavier, l’air de dire « C’est pas mon problème », comme s’il n’existait plus.

Mais, entre nous, si la parole culte du Quai des brumes sévissait aujourd’hui dans les salles effarées du cinéma de la bien-pensance, Gabin serait déjà devenu le Weinstein de la réplique et Marcel Carmé serait en taule. Il faut, désormais, exhorter ces messieurs à corriger leurs habitudes de courtoisie, la brigade Schiappa veille !

Allons jusqu’à rappeler qu’à la suite de cette déclaration, le secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes avait tweeté hâtivement une précision légendaire : non, ce projet de loi ne vise pas à sanctionner la drague. Ouf ! Il suffit juste de suivre les mesures de sécurité et de connaître la sortie de secours qui a souvent tendance à déboucher sur le banc des accusés. Mais, surtout, pas un regard. Pas une poussière dans l’œil, de crainte qu’elle ne le fasse cligner. Pas de sourire, pas de bavure, ce serait malvenu, ce serait grossier. La bienséance est, semble-t-il, devenue la maison close des bonnes mœurs. L’on n’ose alors imaginer combien de vipères profitent de cette « atteinte » pour balancer un quelconque porc, même aveugle… Une question d’égalité, apparemment. Attention, pas d’amalgame !

Notons, enfin, à quel point ce rejet de l’homme pour « une plus grande liberté de la femme » est ahurissant. Si l’homme s’avère être un prédateur en toutes circonstances, rappelons ce dont le féminisme moderne semble se désolidariser. Partout, encore, des femmes se battent pour vivre libres dans des pays ou des foyers qui les emprisonnent ; certaines prient jour et nuit pour que, si l’homme ne les écoute pas, Dieu prête oreille à leur détresse ; d’autres meurent sous la lapidation par « culture », « religion » et par conscience ; beaucoup souffrent d’une infériorité sociale au bureau et au quotidien… La liberté de la femme voilée soumise à son époux ne dérange-t-elle pas autant nos oratrices d’excellence ? À force de s’enfermer dans des prisons genrées, qui ira libérer la femme grillagée de Pierre Perret ? Ce visage romancé à qui l’on prête tous les mérites, tout le courage du monde pour ce choix fastidieux qu’est celui d’assumer son voile au détriment de son corps. Disons les choses. Qui ira soulever le voile pour constater les hématomes de cette culture défendue ? Bien souvent, ces femmes font la révolution elles-mêmes, parfois au péril de leur vie. Ça change des Femen qui urinent sur l’autel du bon Dieu. Comme acte de résistance, on a vu mieux.

On parle donc, ici, d’une liberté d’existence. Ce n’est pas une liberté à étendre mais une liberté à gagner. La liberté à étendre, c’est celle qui consiste à croire qu’une femme doit être « plus », soit l’inverse de la liberté. L’inverse de la féminité. Il y a donc deux féminismes. L’un oppresse, l’autre libère. Oserons-nous, un jour, parler de l’égalité des sexes sans en mépriser les différences ?

Être une femme, ça n’est pas un joug, c’est un don et un rang à affirmer, non pas face mais avec l’homme. Celui qui prétend être supérieur à des fins d’abaissement commence à avoir raison lorsque nous tentons de nous mettre à son niveau. À quoi bon.

À trop vouloir que la société évolue, c’est la femme qui change… Pourvu que ce soit dans le bon sens.

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