Editoriaux - Santé - 3 décembre 2018

Et maintenant, les ambulanciers qui s’y mettent !

À peine les dégâts des Champs-Élysées nettoyés, plusieurs centaines d’ambulances, gyrophares allumés et sirènes hurlantes, ont envahi la place de la Concorde, lundi matin. Des feux ont été allumés par eux aux pieds de l’Obélisque. Paris brûle à nouveau à deux pas de l’Assemblée nationale. Il est urgent de réagir.

Mais seul Jean Lassalle est là. Il lance un appel à tous les députés et sénateurs pour qu’ils viennent aussi, « quitte à se faire engueuler » pour cette loi qu’ils ont votée. Les ambulanciers réclament la suppression de l’article 80 de la loi de finances 2017, entrée en vigueur le 1er octobre 2018. Depuis cette date, la prise en charge des transports de malades revient non plus aux caisses primaires d’assurance maladie mais aux hôpitaux et cliniques. Le patient ne peut plus, du coup, choisir son ambulance ou son taxi agréé, le choix étant fait par l’hôpital.

Cet article 80 est, en effet, emblématique de la manière de gouverner d’un gouvernement dont la majorité gobe tout sans sourciller, face à une opposition réduite à de simples discours.

On doit faire des économies. Donc, on raye une ligne budgétaire : celle du remboursement, par la Sécu, des trajets domicile-hôpital. Simple, rapide, efficace. Seulement voilà : comme l’écrivait la grande Catherine de Russie, « le papier souffre tout, mais la peau des hommes est autrement sensible »

La prise en charge des transports domicile-hôpital est essentielle, par exemple, pour les patients atteints d’un cancer qui doivent chaque jour, pendant trois mois, aller à l’hôpital pour une séance de radiothérapie, impérative pour leur guérison.

Le remboursement du trajet quotidien sans autre condition que l’ordonnance était un élément essentiel du « plan cancer » de Jacques Chirac. Pour les malades fragilisés, fatigués et craignant pour leur vie, être pris et ramenés chaque jour en bas de chez eux, fussent-ils à 100 kilomètres de l’hôpital, par un taxi de leur choix était non seulement un grand confort, mais un grand réconfort. Car le libre choix d’un taxi – ou pool de taxis – agréé, ou d’une ambulance si la position allongée était requise, et ce, pour la durée des soins, donnait souvent lieu à des échanges chaleureux, presque amicaux entre conducteurs et patients.

Soumettre le choix des prestataires par des appels d’offres et la gestion des remboursements à des hôpitaux et cliniques déjà surchargés va rendre problématiques et longues des formalités de prise en charge qui étaient, jusqu’ici, exemplaires de simplicité et de rapidité, et ôter le choix aux patients. De plus, la sectorisation qui en découlera va mettre en grande difficulté les transporteurs dont le revenu tiré de ces trajets n’est rentable que s’ils jonglent en permanence avec les patients de divers hôpitaux et de diverses pathologies.

L’inconvénient d’un manque de représentation du pays réel dans l’Hémicycle, où se décide la loi, se fait ici cruellement sentir. Si l’opposition « poujadiste » intervient au secours d’une profession menacée, c’est dans le désert, vu son infériorité numérique. Et les députés LREM peuvent continuer, comme leur maître, à prendre la règle à calcul pour une règle tout court et approuver une mesure qui allège de x euros la facture de la Sécu. Sans en mesurer les dégâts collatéraux.

Les manifestants leur crient que, derrière les chiffres, il y a des gens. Qu’ils écoutent donc leur collègue Lassalle au lieu de le laisser punir par Ferrand comme un enfant pas sage. Il leur suffit « de passer le pont », celui de la Concorde. Puis de réfléchir par eux-mêmes, car chacun d’eux représente la nation tout entière et non le seul parti majoritaire. Et de décider comme des grands, tout seuls, si leur mentor reste sourd, de revenir sur cet article 80 et sur la hausse des carburants à venir.

Des économies, leur règle à calcul en trouvera ailleurs. Dans les dépenses inutiles, on n’a que l’embarras du choix…

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