Editoriaux - 20 août 2018

Et lorsque c’est une féministe qui harcèle un homme, on fait quoi ?

La pensée féministe est-elle un oxymore ? Autrement dit, comme le titrait le très politiquement correct, gauche et progressiste New York Times, « Qu’arrive-t-il à #MeToo lorsqu’une féministe est accusée ? », à la suite d’une affaire de harcèlement sexuel survenue dans les campus de « rééducation » universitaires états-uniens, Mecques outre-Atlantique d’un féminisme conquérant.

Préparez le pop-corn, caramélisé ou salé, à l’instar du genre, le choix est libre. Avital Ronell, professeur.e de littérature allemande à l’université de New York, chevalier.e des Arts et Lettres pour la French touch, est accusée d’avoir harcelé son étudiant, Nimrod Reitman. Banale affaire de surdosage hormonal libidinal, a priori. Mais là où ça se corse, c’est qu’Avital, 66 ans, la ménopause physiologique misogyne entamée, lesbienne et féministe, a « weinsteinisé » Nimrod, de 50 % son cadet biologique, gay, et marié.

« Mon plus adoré », à « doux bébé câlin », aux attouchements lubriques et bisous-bisous fougueux et moult chantages obligés ont émaillé l’apprentissage académique du jeune Nimrod durant trois longues années non bissextiles. « Elle me disait de lui lire de la poésie alors qu’elle faisait la sieste. Elle a mis mes mains sur ses seins et se pressait les fesses sur mon entrejambe », a-t-il déclaré. Indexer le pedigree d’une lesbienne qui se frotte aux bijoux de famille d’un gay, cela doit, à la grosse louche, se situer entre la 45e et la 50e lettre du lexique LGBTQ+, qui en compte plus de 70 à l’heure de la publication de cet article. « Elle m’embrassait, embrassait mes mains, embrassait mon torse. » OK, j’arrête là.

La sexagénaire nie, évidemment, tout harcèlement. « Nos communications étaient entre deux adultes, un homosexuel et une femme homosexuelle, qui partagent un héritage israélite, ainsi qu’un penchant pour les communications florides issues de nos milieux et sensibilités académiques communs. » Version « milieu aquatique profond standardisé » gay-friendly du « Grab them by the pussy » du bien nommé Trump.

Dès sa suspension, les youyous d’orfraie des féministes franchisées ne se firent pas attendre, notamment Judith Butler, gourou influent de la théorie du genre. Révoquant une campagne de calomnie comparant leur consœur aux exemples les plus flagrants de comportements prédateurs imputables aux nababs d’Hollywood qui recherchent habituellement les starlettes, tout en menant parallèlement une autre pour discréditer l’accusateur. « Nous témoignons de la grâce, du vif esprit et de l’engagement intellectuel du professeur Ronell et demandons qu’on lui accorde la dignité que mérite justement sa réputation internationale », dénonçant en la procédure standardisée de son licenciement – habituellement dégainée à l’encontre des victimes des hommes – « un outil féministe, pour abattre une féministe ».

Le #MeToo serait-il à géométrie variable, d’usage exclusif à l’encontre du porteur du chromosome Y ? Le facho-féminisme sera-t-il la prochaine vague qui emportera définitivement ce totalitarisme sectaire. La féministe, « une extrémiste avec tous les défauts des extrémistes », telle que définie par Pasolini, serait-elle une imposture, une farce, à la misandrie pathologique. Eugénie Bastié et Gabrielle Cluzel, dans leurs derniers ouvrages, vous en diront certainement plus que moi.

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