Les erreurs basiques des ultralibéraux sur l’Europe et la mondialisation

Nous avons déjà évoqué ici le site ultralibéral Contrepoints et les positions de l’économiste Jacques Garello contre Laurent Wauquiez et, plus généralement, contre une organisation politico-économique que l’on pourrait qualifier de social-souverainisme, majoritairement attendue par notre peuple déchiré par un clivage droite/gauche désormais artificiel et dépassé depuis Maastricht.

Jacques Garello critique la position de Wauquiez sur l’Europe et le protectionnisme. Ce dernier aurait dit que « l’Europe, la vraie Europe, est celle de Jean Monnet, réduite à un petit nombre de pays, et organisée pour se défendre contre la concurrence des Anglo-Saxons grâce à la préférence communautaire ». Pour l’ultralibéral Garello, au contraire, « l’Europe a été constituée par le trio Adenauer, Gasperi, Schuman pour en finir avec les luttes fratricides de nations européennes qui puisent dans de communes racines chrétiennes […] et la préférence communautaire n’a jamais concerné l’industrie et les services ».

Garello commet deux bévues :

– le socle idéologique de la démarche fédérale européenne a été théorisé par le comte Richard Nikolaus Eijiro von Coudenhove-Kalergi (Paneuropa, Vienne, 1923), dont la statue trône au Parlement européen,

– la préférence communautaire concernait bien aussi l’industrie (art. 3, b, du traité de Rome : « l’établissement d’un tarif douanier commun et d’une politique commerciale commune envers les États tiers ») jusqu’à sa subreptice suppression (Maastricht).

Garello critique ensuite Wauquiez d’avoir dit que le « protectionnisme s’impose face à la mondialisation qui ruine les classes moyennes. Il faut faire preuve de patriotisme économique, privilégier les achats de produits français, organiser la protection au niveau de l’Europe […] La mondialisation crée des dommages sociaux qui entraînent le populisme. » Et Garello répond :

Quels sont les produits français ou européens qui ne doivent rien au commerce mondial ? Les services (tourisme, santé, sport, culture, etc.) ? Les biens industriels (énergie, minerais, informatique, technique) ? Comment sont fabriqués les véhicules français achetés par la région Auvergne-Rhône-Alpes ? Faut-il renoncer à exporter le Saint-Nectaire, etc.[…], le vin des Côtes du Rhône ? Le populisme est la rançon de l’ignorance sur les bienfaits de la mondialisation, et l’État se présente comme le protecteur du peuple contre l’étranger.

Que d’étonnantes confusions… Une vision statique. Il suffit de constater le solde positif ou négatif d’une mondialisation sans règles et la mise en péril de mort ou la délocalisation de toujours plus de filières. Donald Trump l’a compris et vient de mettre des règles aux importations qui ruinent des filières entières (électroménager, panneaux solaires, alimentation, métaux) : des Border Adjustment Taxes (30 à 50 %) que les analystes pressés avaient cru oubliées ! Car la concurrence est censée améliorer la vie des gens et des nations. Sinon, quoi ? Une industrie survit même si elle n’exporte pas. Mais elle meurt injustement si elle est confrontée à des prix abusivement bas, interdits et sanctionnés par le droit. Chaque nation a le droit de s’en préserver au plan international car elle a le devoir de le faire au plan interne.

Et les Français, chômeurs, travailleurs pauvres, enseignants, personnels hospitaliers et gardiens de prison sont en cela les meilleurs économistes. C’est quand on méprise ceux qui souffrent injustement que commencent les pires des révolutions. Le libéralisme n’est qu’un moyen et pas une fin. L’Internationale ultralibérale est presque aussi dangereuse que l’Internationale socialiste, dont elle a, au fond, les mêmes critères et les mêmes perdants : les nations et ceux qui en sont membres.

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