Editoriaux - Entretiens - Politique - Videos - 19 septembre 2018

Erik Tegnér : « Je n’ai pas prévu de quitter Les Républicains ! »

Le bureau politique de LR, hier, a cédé aux injonctions de Valérie Pécresse : Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes Républicains, a été écarté. Il réagit au micro de Boulevard Voltaire, redit sa fierté d’avoir réussi à imposer le débat fondamental du dialogue avec Debout la France et le Rassemblement national chez Les Républicains et affirme poursuivre son engagement chez les LR et au sein du collectif Racines d’avenir.

Visiblement votre candidature à la présidence des jeunes Républicains paraît compromise. Le nombre de parrainages requis semble compliqué à obtenir.
Quelle est votre réaction suite à ce bureau politique et au maintien de ses règles qui vous empêchent d’être candidat ?

Je suis à la fois fier et déçu. Fier, parce que durant toute cette campagne, nous avons réussi avec notre collectif ‘’racines d’avenir’’ et des dizaines de jeunes à imposer un débat à droite. Ce débat sur le dialogue avec le Rassemblement national et Debout la France me semble fondamental.
Nous l’avons fait de façon inédite en rassemblant plus de 350 jeunes le 5 septembre pour notre soirée de lancement de campagne avec Nicolas Dupont-Aignan, Sebastien Chenu ou encore Jean-Frédéric Poisson.
Mais déçu, parce que le bureau politique d’hier a décidé de verrouiller cette élection m’empêchant de facto d’être candidat. Je suis déçu que Laurent Wauquiez ait cédé aux injonctions de Valérie Pécresse, de Jean-François Copé, de Xavier Bertrand et de toute cette droite modérée qui souhaitait mon exclusion.
Ce verrouillage m’empêche effectivement d’être candidat pour l’élection à la présidence des jeunes Républicains.
Je pense que cela aurait été un débat utile et intéressant.


Les règles sont claires pour l’élection des Républicains. Il faut 15 parrainages de responsables jeunes.
Pourquoi n’êtes-vous pas en mesure d’avoir les parrainages ?

Le verrouillage est plutôt subtil. Depuis des mois, Laurence Arribagé, qui menait la réforme des statuts pour les jeunes Républicains, voyait les jeunes qui leur disaient que 15 parrainages de RDJ étaient quasiment impossibles sans être dans la ligne du parti. Un rapport initial avait été proposé à Laurent Wauquiez. Ce rapport proposait de supprimer ces parrainages de RDJ.
Finalament, Laurent Wauquiez a décidé de maintenir ces 15 parrainages de RDJ, en plus d’ajouter des parrainages d’adhérents, dans un délai extrêmement court.
Nous sommes aujourd’hui à 3 semaines des élections, en une semaine c’est quasi impossible d’avoir autant de parrainages. Il faut expliquer qu’un RDJ, responsable des jeunes Républicains, est nommé par un secrétaire départemental, lui-même nommé par Laurent Wauquiez. Par conséquent, si des élus demandaient mon exclusion lors du bureau politique, les RDJ ne pouvaient pas me soutenir.
J’avais poussé avec beaucoup de jeunes à ce qu’on supprime cette règle des RDJ. Cette règle est contestée depuis plusieurs mois. Malheureusement, ils en ont profité pour faire en sorte qu’aucune ligne divergente de celle du parti ne puisse être présentée pour cette élection.


Dans cette élection, il y a deux candidats, Auran Reihanian, le patron des jeunes avec Wauquiez et Charles-Henri Alloncle qui est connu pour être un proche de Nicolas Sarkozy.
Appelez-vous à voter pour un de ces deux candidats ?

Je leur souhaite bonne chance. Je les connais bien tous les deux. Ce sont des militants qui sont plutôt engagés et qui ont des convictions. Néanmoins, ils ne portent pas de lignes politiques. Ils portent simplement un projet de refonte de notre mouvement. Auran Reihanian a condamné fermement tout dialogue avec le Rassemblement national. Je ne vois pas pourquoi j’appellerais à voter pour l’un ou l’autre. Cependant, je leur souhaite bonne chance. J’espère que ce sera une bonne campagne et qu’ils penseront à mettre un peu du débat idéologique et à ne pas être simplement dans une logique de « on suit la ligne de Laurent Wauquiez ».
Je pense que nous, les jeunes, devons être engagés, un peu plus insolents et un peu plus transgressifs.

Quel avenir voyez-vous pour votre collectif « racines d’avenir » ?

Nous allons continuer le combat pour le dialogue avec toutes les droites.
Nous avons créé un collectif « racines d’avenir « que nous allons transformer en mouvement politique. Notre objectif est de rassembler des jeunes du Rassemblement national, de Debout la France , des Républicains, et tous ces jeunes politisés, mais hors parti, qui en ont assez d’être liés à des élus ou à des structures partisanes. Nous voulons montrer que ce dialogue des droites parle à tout le monde et à l’ensemble des jeunes, et créer un projet politique plutôt conservateur pour maintenir la pression et surtout de préparer la recomposition politique de 2022. Seuls les jeunes peuvent penser réellement à l’avenir et ne pas tomber dans une logique de syndicat pour essayer de construire une alternative crédible face à Macron.


Avant 2022, il y a aura 2019 et 2020. Avez-vous des plans pour que votre collectif s’inscrive dans la vie politique française ?

Les municipales seront un enjeu majeur. La recomposition politique va commencer à ce moment-là. Des listes d’union des droites seront présentes dans beaucoup de villes. Tout comme nous avons pu le voir à Béziers avec Robert Menard.
Nous allons essayer de préparer cela en repérant tous les jeunes que j’appelle aujourd’hui à adhérer sur notre site : www.racinesdavenir.com pour les envoyer sur des listes et créer des initiatives ou des évènements. Je pense notamment à un campus que l’on annoncera pour l’année prochaine. Nous mettrons en place de gros évènements pour nous positionner durant les Européennes. Tout cela sera annoncé dans les semaines à venir.


On vous sent un peu critique vis-à-vis de votre famille politique des Républicains.
Allez-vous quitter le parti ?

Aujourd’hui, je n’ai pas prévu de quitter les Républicains.
Je suis déçu après ce qu’il vient de se passer, parce que j’ai donné beaucoup de mon temps bénévolement surtout pendant la campagne de Laurent Wauquiez et en général depuis 6 ans que je suis adhérent chez les Républicains.
Ce qui va rendre la crédibilité au parti, c’est la ligne des Européennes.
Est-ce que Laurent Wauquiez décide de soutenir Victor Orban à Paris, y compris à Bruxelles ou décide-t-il d’avoir un double discours comme ce qui s’était passé lorsque la majorité des eurodéputés à Strasbourg a voté contre Victor Orban ?
C’est cela qui va déterminer la participation d’énormément de jeunes chez les Républicains. Dans l’immédiat, j’y reste.

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