Éric Cantona plus obsédé par les extrêmes que par l’État islamique ?

Éric Cantona, dont la carrière de footballeur ne fut pas toujours exemplaire, après s’être adonné à la peinture, exerce aujourd’hui le métier d’acteur. Il vient de remonter sur les planches, avec Lettres à Nour. On peut lire, sur le site du théâtre où la pièce est jouée, ce commentaire : « Véritable leçon de philosophie et de compréhension des mécanismes qu’utilise Daech pour proposer sa révolution théologico-politique, le texte de Rachid Benzine raconte, dans une écriture aussi belle que douloureuse, ce qu’est, au-delà de tout, l’amour paternel et filial. Et nous invite aussi à l’écoute de l’Autre, même si cette écoute nous fait violence ».

Chacun s’interrogera sur l’efficacité d’un dialogue avec des djihadistes qui n’offrent le choix qu’entre la soumission ou la mort. Il n’est pas sûr que notre ancien footballeur soit un arbitre impartial en la matière. On se souvient qu’il avait accusé Didier Deschamps d’avoir formé son équipe pour l’Euro 2016 en fonction de critères « racistes » : la mise à l’écart de Benzema était forcément une manifestation de racisme anti-maghrébin ! Il est aussi de ceux qui estiment que l’islamophobie est à l’origine de toutes les dérives, à commencer par le terrorisme islamiste.

Si le personnage qu’il interprète – le père d’une jeune femme partie en Irak rejoindre l’État islamique – est un universitaire, musulman pratiquant, nourri de la philosophie des Lumières, il ne semble pas, pour sa part, très éclairé ni très tolérant dans ses jugements. Dans un entretien accordé au Parisien, il déclare : « On parle de Daech, là, mais tous les extrêmes jouent sur le désespoir. Tous les partis d’extrême droite s’en nourrissent. ». Il accuse les médias de « bombarder les gens toute la journée d’informations terrorisantes parce que ça fait vendre », ajoutant que « cela fait le jeu des extrêmes ».

Et de citer les États-Unis, le Brésil, l’Italie et, bien sûr, Marine Le Pen. Rapprocher Donald Trump, Jair Bolsonaro, Matteo Salvini et la présidente du RN de Daech, c’est un peu fort de café, mais ce footballeur-artiste-comédien ne fait pas dans la dentelle. Interrogé sur les gilets jaunes, dont il ne connaît pas les motivations parce qu’il vit au Portugal (on ne sait si c’est pour le climat ou les impôts), il les invite à se méfier du Rassemblement national : « Il faut faire attention de ne pas se retrouver avec Marine Le Pen un jour au pouvoir. Ou sa nièce. Parce que là, ils vont comprendre. »

Ce que l’on comprend surtout, c’est que Cantona, qui se prend pour un oracle, est plus expert en coups de gueule qu’en analyse approfondie. Sa réflexion semble singulièrement limitée par ses préjugés et le besoin insatiable de faire parler de lui.

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