Editoriaux - Société - 9 octobre 2018

Enfin, on réalise que les prisons ont un coût. Mais ont-elles une utilité ?

Il semblerait que le tout-juridique n’ait jamais eu conscience du coût des prisons. Enseveli sous les dossiers, les procédures, les gardes à vue, les mises en liberté (conditionnelles ou pas), les reports d’audience, les remises de peine et, pour finir, l’impossibilité d’appliquer la sentence faute de place, outre les classements sans suite par les parquets, le monde juridico-policier est devenu kafkaïen. La finalité a complètement disparu au profit d’un quotidien éprouvant et, pour tout dire, décourageant.

C’est qu’à force de lire un droit déconnecté des réalités, la Justice n’est plus rendue. À force d’arrêter des criminels, relâchés le lendemain, les forces de police sont démotivées et incapables d’assurer la sécurité.

Cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, la prison a un coût : 100 à 150 euros par jour et par détenu selon l’établissement. Inouï. En gros, un budget de 4,5 milliards s’euros. Des députés de l’opposition viennent de mettre les pieds dans le plat et proposer un texte qui ferait que l’incarcéré devrait payer 20 % de son coût, soit 600 € par mois. Dans un pays qui a l’argent en horreur, c’est un pas méritoire. Car 7200 € multiplié par 67.000 (nombre d’incarcérés), cela n’est pas rien : près de 0,5 milliards d’euros par an. Nous ne nous attarderons pas sur le comment trouver ces 600 € mensuels quand un détenu qui travaille (environ 25 %) touche entre 250 et 400 euros par mois. La faille est importante et ces députés devront aller plus loin dans leur proposition ou exempter totalement ou partiellement les prisonniers qui travaillent.

Bien, mais tout cet argent, c’est pour quoi faire ? En principe – enfin, ce que je croyais -, la prison avait deux objectifs : mettre hors d’état de nuire les criminels et les punir pour empêcher la récidive. Eh bien, non. En lisant les rapports de l’Observatoire international des prisons, les tribunes d’universitaires (375) et autres analyses, le constat est accablant. D’abord, on ne sait pas trop qui récidive : « La mesure de la population des récidivistes : une lacune statistique à combler », nous dit l’OIP dans son rapport 2017.

Aux États-Unis, où l’approche ethnique est permise, le constat est clair : ce sont les populations les plus assistées qui commettent le plus de crimes et de récidives. En gros, très approximativement 60 à 80 % des détenus récidivent, d’où l’appellation : « la prison, l’école du crime ». Quant à la punition ? Tenez-vous bien : pour la gauche bobo, la privation de liberté est en soi LA punition. Interdiction du travail obligatoire, télé finalement gratuite, sports, jeux, conférences. On est loin de Clairvaux 1950. Beaucoup de SDF aimeraient en avoir autant. Pris entre le coût affolant de l’incarcération et les obligations internationales, le système libère sciemment des criminels prêts à recommencer. C’est l’angélisme à 4,5 milliards d’euros.

Et les victimes, dans tout cela ? Qui s’y intéresse ?

Ne pourrait-on pas obliger les criminels, au lieu de se faire des « amis », à des cours de civisme, à l’instruction laïque et, pour beaucoup, à l’instruction tout court, conditions impératives pour leur remise en liberté ? Pour les semi-libertés, à l’assistance de personnes ou de familles de victimes, à des travaux dans les hôpitaux et les maisons de retraite, par exemple ? Travailler pour autrui changerait peut-être le cœur de ceux qui n’ont jamais agi que pour eux-mêmes ou leurs gangs.

Une dernière petite idée : et si les auteurs de remises en liberté désastreuses étaient assujettis à des peines d’intérêt général ? Des responsables, il y en a toujours ; des coupables, jamais.

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