Editoriaux - 13 novembre 2018

Encore un scandale syndical : les cadres de FO vivent grand train !

Même si le chiffre est un peu plus élevé qu’on ne le dit – 11 % et non 8 % –, le taux de syndicalisation des Français est l’un des plus bas d’Europe, la moyenne de nos voisins étant à 23 %. Ce sont là les chiffres de la DARES, la direction chargée des statistiques pour le ministère de l’Emploi.

Les Français, donc, boudent les syndicats et le gros des troupes syndiquées (ce n’est pas une surprise) est formé par les personnels de la fonction publique : 44,8 % des encartés se trouvent dans l’enseignement, la santé et le social.

Cela dit, l’érosion se poursuit lentement mais sûrement et il y a fort à parier que les récents déboires des grandes centrales que sont la CGT et aujourd’hui FO ne vont pas pousser nos compatriotes à adhérer…

En 2014, c’était le scandale du train de vie de Thierry Lepaon qui éclatait, poussant le secrétaire général à la démission. Les moustaches de Martinez et les manifs violentes contre la loi El Khomri n’auront pas enrayé la chute : au total, entre 2012 (départ de Bernard Thibault) et 2016, la centrale a perdu 30.000 adhérents.

Cet automne, c’est FO qui prend la suite. Début octobre, les Français apprennent par Le Canard enchaîné l’existence d’un fichier des cadres de la centrale. Devant 126 noms figurent des qualificatifs aimables comme « niais », « bête », « faux », voire « complètement dingue » ou, plus croustillant encore, « franc-maçon » et même « trop intelligent pour entrer au bureau confédéral ». Le fichier aurait été constitué par les proches de Pascal Pavageau, le successeur de Jean-Claude Mailly. Coincé, Pavageau démissionne le 17 octobre. Il sera resté sept mois à la tête du syndicat. C’est peu, mais il semble que ces mois-là comptent double. Ou triple. Plus primes…

La guerre faisant rage pour la succession dudit Pavageau, les boules puantes arrivent sur la place publique. Affaire du jour : les sous.

On apprend ainsi que FO est « dans une situation financière inquiétante » avec un trou de 635.182 euros dans ses comptes et, ceci expliquant sans doute cela, que certains de ses cadres, dont les plus haut placés, se sont gavés d’une façon totalement indécente. Chef de file de cette tendance « y a pas de mal à se faire du bien », l’ancien secrétaire Jean-Claude Mailly, « dont la rémunération brute, primes comprises, s’est élevée à 100.334,63 euros », rapporte Le Parisien.

Le quotidien a eu communication des comptes internes et ils sont, comment dire… parlants.

L’ancien patron, outre son salaire brut annuel de 62.816,90 euros, a touché en sus « les primes de permanence, les primes vacances, les primes d’activité » plus de très confortables notes de frais pour lesquelles, comme une bonne dizaine de ses camarades, il ne semble pas y avoir de justificatif. Mais Jean-Claude Mailly était, sans doute, encore un peu juste car il a perçu, ces derniers mois, « une prime de départ à la retraite de 22.792,37 euros ».

Enfin, le quotidien relève que « les 13 membres du bureau confédéral ont, en 2017, dépensé pas loin de 400.000 euros, rien qu’en notes de frais ». On apprend, d’ailleurs, que les billets d’avion sur Air France s’accumulaient au cœur de l’été, période où, comme chacun sait, l’activité syndicale est au plus fort. La championne est « une » cadre qui cumule 60.440,94 euros de frais pour l’année 2015, dont près de 30.000 euros de vols sur Air France. Là-dedans une facture, en date du 16 mars, de 11.724,90 euros, puis une de 7.340,46 euros le 15 octobre, et une autre de 2.861,65 euros deux semaines plus tard. Sans justificatif.

Air France est une compagnie fort chère, c’est entendu, mais pour de telles sommes, il faut s’en aller au bout du monde en première classe, ou y emmener toute sa famille…

Comme le fait remarquer un expert-comptable au Parisien : « C’est étrange, il n’y a pas le détail précis de ces frais dans le grand livre des comptes. » Et pas plus Jean-Claude Mailly que Pascal Pavageau n’ont voulu en donner…

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