Editoriaux - International - Politique - 20 juillet 2018

En s’attaquant à Trump, Hollande ajoute à sa panoplie de surnoms celui de « Matamore »

François Hollande ne se mouche pas du pied : il donne des leçons au monde entier. Il est vrai que le bilan de son quinquennat plaide en sa faveur et que les Français attendent avec impatience son retour ! Lui qui, parmi les hommes politiques, détient la palme du plus grand nombre de sobriquets, de Guimauve le Conquérant au capitaine de pédalo, de Flanby à Pépère, de Monsieur petites blagues à Culbuto, il est si imbu de lui-même qu’il se prend pour la crème des politiques, investi de la mission de mettre sur la bonne voie la France, l’Europe et le monde.

Cette semaine, dans une déclaration à l’AFP, il s’en est pris au président des États-Unis, une cible d’une grande originalité. Il a appelé à ne faire « aucune concession à Donald Trump », à « être sévère à l’égard de son comportement », estimant qu’il « crée du désordre dans le monde, de la division en Europe et affaiblit les démocraties ». À Helsinki, il a effectué « une occultation de l’Histoire », en exonérant Vladimir Poutine « de toute intervention dans les manipulations intervenues dans l’élection américaine ».

Il ne se contente pas de hurler avec les loups, il se veut le chef de meute et en rajoute : « Trump, c’est le chef mondial du populisme. » Il fustige sa façon de traiter les femmes : « Il s’est comporté de façon humiliante et provocatrice à l’égard d’Angela Merkel et de Theresa May », accuse-t-il. N’est-il pas expert en la matière, lui qui répudia sa première dame avec grande élégance et fit des escapades nocturnes en scooter pour rejoindre sa nouvelle maîtresse ?

Qu’un ancien président de la République commente épisodiquement l’actualité, pourquoi pas ? Mais quand cela devient un passe-temps, qu’on veut jouer au sage alors qu’on a mis son parti et son pays dans l’état que l’on connaît, on a la pudeur de faire profil bas. Quand il accuse Trump de s’être aplati devant Poutine, d’être apparu « comme un président faible alors qu’il devrait dans cette circonstance être fort », on se demande s’il se souvient de ses propres faiblesses durant son mandat. On pourrait lui rappeler la parabole de l’Évangile selon Saint-Matthieu : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? […] Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »

On cherche en vain, dans son quinquennat, quelque action mémorable. Quand a-t-il réussi à avoir la moindre influence sur le monde ou sur l’Europe ? Ayant échoué dans tous les domaines, au point qu’il a dû renoncer à se représenter, il croit pouvoir se réincarner en gourou de la politique, s’enorgueillissant de donner des leçons de savoir-faire. Son seul succès ? Enrichir sa panoplie de surnoms de celui de « Matamore ». Comme le personnage de Corneille, dans L’illusion comique, il est persuadé que « le seul bruit de [son] nom renverse les murailles, / Défait les escadrons, et gagne les batailles ».

On en vient presque à le prendre en pitié. À défaut d’avoir une grande place dans les livres d’Histoire, il pourra figurer dans le Guinness des records.

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