Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - Société - 3 décembre 2018

Emmanuelle Ménard : « Ce texte de loi sur la fessée est sans queue ni tête »

Jeudi dernier était votée, en séance de nuit, la loi interdisant la fessée. Emmanuelle Ménard a été le seul député à voter contre ce texte. Elle s’en explique au micro de Boulevard Voltaire.


L’Assemblée nationale a voté une loi rendant répréhensible la fessée envers les enfants.
Vous avez été la seule députée à voter contre et une cinquantaine à voter pour.
Comment expliquer un tel vote avec si peu de députés ?

Cette loi a été votée jeudi soir dernier, dans un hémicycle au 3/4 vide comme c’est malheureusement assez fréquent lors des sessions de nuit.
Je ne saurais pas vous dire pourquoi nous étions si peu nombreux dans l’hémicycle. En tout cas, moi, je souhaitais être présente. Ce texte n’a selon moi ni queue ni tête. Il confond tout. Personne n’adhère aux mauvais traitements pour les enfants.
D’abord, c’est déjà pénalement répréhensible. Et là, on confond tout. On veut interdire les violences physiques et psychologiques. Évidemment, personne n’est pour les violences physiques et psychologiques envers les enfants. Simplement, on mélange et on confond tout.
Derrière ce terme, on englobe des coups, des châtiments corporels, dont personne ne veut évidemment, mais aussi la petite tape sur la main et la fessée sur la couche. Les parents n’ont plus le droit de hausser le ton envers leurs enfants, car cela pourrait être humiliant. Les humiliations sont visées. Si vous envoyez un enfant au coin pour le punir d’une bêtise qu’il a faite, vous n’avez plus le droit, parce que cela pourrait être humiliant pour l’enfant.
C’est n’importe quoi ! D’après les sondages, plus de 70 % des Français sont contre cette loi. C’est d’un tel décalage par rapport à ce que vit le pays aujourd’hui. C’est sidérant…
Les Français ne cessent de dire qu’ils en ont ras le bol qu’on leur dise ce qu’ils doivent penser, dire ou faire. Encore une fois, on est en décalage total par rapport à la réalité du pays.


Alors qu’on est en pleine révolte des Gilets jaunes et en pleine mésentente avec le pays réel et le pays légal pour paraphraser Benjamin Griveaux, on pourrait se dire que la fessée n’était pas une priorité dans le calendrier parlementaire…

Non seulement ce n’était pas une priorité du calendrier parlementaire, mais en plus c’est en décalage total par rapport à ce que veulent les Français. Si vous aviez été présent dans l’hémicycle à ce moment-là pour assister au débat, c’était sidérant. On était en séance de psychanalyse en direct. Je n’ai pas pu me retenir de dire «  ça suffit, on est dans l’hémicycle et non dans un cabinet de psychanalyste ». Il y a des divans pour cela.
Les débats étaient surréalistes et il était impossible de se faire entendre. Forcément lorsque vous tenez les positions que je tiens, vous êtes la méchante de service et les autres sont dans la bien-pensance totale. Ce sont donc les gentils face à la méchante. À un moment donné, j’ai arrêté de discuter, car ce n’était plus possible. Ils voulaient l’unanimité sur la loi et je n’ai pas voulu, parce que je ne voulais pas renier mes convictions. J’ai donc voté contre, quitte à passer pour la méchante de service.


Pour illustrer cette déconnexion, on a deux faits marquants qui concernent vos collègues députés. Un député de la République En Marche en est presque venu aux mains avec des gilets jaunes sur la route. Et une autre députée En Marche a été incapable de donner le prix du SMIC.
Ces deux faits d’actualité démontrent la déconnexion qu’on reproche régulièrement aux députés.

Deux images, à mon avis, affligeantes, mais qui effectivement démontrent bien que l’Assemblée nationale aujourd’hui est en totale déconnexion avec la réalité du pays et avec ce qu’attendent nos concitoyens. Cette députée qui n’est pas capable de donner le montant du SMIC m’apostrophe régulièrement dans l’hémicycle quand je prends la parole, notamment sur les questions d’immigration. Elle refuse de nous laisser parler d’immigration. À chaque fois, elle me reprend.
Aujoud’hui, on a vu qui était en phase avec le pays ou non. Je crois qu’elle est complètement à côté des réalités et complètement à côté de la plaque, pour parler un peu crûment. Quant à celui qui voulait en venir aux mains sur l’autoroute, pas de commentaires, parce que c’est vraiment sidérant.

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