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Emmanuel Macron est un supérieur, pas un chef !

Conseil
 

« Je suis le chef », a poussé Jupiter dans un grand élan de désolidarisation d’avec son ex-bras droit militaire. Autoritarisme juvénile, abus d’autorité, mauvais coup fait à la commission de la Défense nationale et à l’ensemble des députés coupables d’avoir écouté et diffusé la vérité, sans oublier la Florence Parly, qui n’y connaît évidemment rien en matière militaire et qui, ministresse très mini, n’a pas existé un seul instant dans ce dossier, sont les observations les plus courantes à la destitution du chef d’état-major des armées camouflée en démission.

Un autre a pris la place. Venu de chez le Premier ministre, mais « un héros », paraît-il selon Macron, qui signifiait ainsi, avec la délicatesse qui le caractérise, « J’en ai trouvé un meilleur ». Beaucoup moins héros, toutefois, que les simples poilus qui ont pris et repris les tranchées pendant quatre ans. Et certainement pas davantage que Pierre de Villiers, qui ne craint pas la concurrence dans ce domaine.

Mais peu importe. C’est le cri du cœur « Je suis le chef » du Président qui demande une exégèse. Quand quelqu’un, dans quelque fonction de direction que ce soit, est obligé de rappeler publiquement qu’il est le chef, cela signifie clairement qu’il ne l’est pas et ne le sera jamais. C’est un aveu et un constat d’impuissance. Grave pour un chef constitutionnel des armées qui s’est aussitôt réfugié dans ce qu’il sait faire de mieux : un événement de communication, prudent et fort peu héroïque, chez les aviateurs d’Istres.

Cela pose la question de fond de la légitimité du Président, élu à la faveur de circonstances pour le moins troubles par seulement 1/8 des Français, de la légitimité non pas constitutionnelle qu’on ne peut lui enlever, mais personnelle, de sa légitimité d’homme, de sa capacité à être chef.

Un chef, c’est l’homme qu’on suit parce qu’on l’admire et qu’on a entière confiance en lui, parce que sa compétence est la meilleure et la plus éprouvée, parce qu’il épouse étroitement la cause de ses subordonnés et se ferait lyncher plutôt que faillir, parce qu’on l’aime tout simplement. Un chef absorbe le stress, diffuse l’énergie, monte le premier à l’assaut quand il le juge indispensable, sans se poser de questions sur les conséquences dans sa carrière civile ou militaire, voire sur sa propre vie. En quelque sorte, un homme d’honneur.

Cela correspondait exactement au profil du général de Villiers et est tout le contraire du godelureau qui ose se proclamer Jupiter. Mais ce n’est plus lui qui tient la foudre dans ses mains parce que, pour le tout premier test sérieux (on pourrait dire « en live » de son mandat), sans gourou communicant pour l’aider à jouer au chef, il a ruiné la confiance des militaires. Toutes ses gesticulations communicantes ultérieures n’y changeront plus rien.

Macron est un supérieur, pas un chef. On va le constater pendant cinq ans, c’est l’expérience qui parle, pour notre plus grand malheur.

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