Nouvelle Calédonie

Emmanuel Macron et le sens de l’Histoire

Ancien haut fonctionnaire
 

Les rapports de Macron avec l’Histoire sont d’une grande richesse – un vrai roman. Je t’aime, moi non plus…

Sa dernière sortie en date nous vient des antipodes, en Nouvelle-Calédonie.

Notre Président a donc déclaré devant le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les élus, les chefs coutumiers, les représentants de la société civile et les responsables économiques (je cite) : « Il n’appartient qu’à nous tous de ne pas faire reculer l’Histoire, que le choix se fasse dans le calme en gagnant chaque centimètre de paix et de concorde. »

Waouh ! Une explication de texte est nécessaire, voire indispensable.

Reprenons par la fin et sur les centimètres de paix et de concorde. Certes, Macron est un pur littéraire, sans connaissances scientifiques sanctionnées par un diplôme et il n’a pas son certificat d’études primaires. Il ne sait donc pas que le centimètre est une unité de longueur et que ni la paix ni la concorde ne se mesurent par leur longueur. On ne peut pas tout savoir, même si l’on est capable de lire un bilan et un compte d’exploitation. Ce qui est inquiétant pour les financiers.

Plus sybillin encore : « Il n’appartient qu’à nous de ne pas faire reculer l’Histoire. » Là, réfléchissons calmement.

L’Histoire ne peut reculer. À ma connaissance, elle avance de 24 heures par jour et pour tout le monde, même aux antipodes. Notons que si notre Président avait raison, ce serait merveilleux, je ferais reculer mon histoire de 38 ans et Mitterrand aurait, dans quelques mois, une voix en moins.

Approfondissons le sujet. Macron voit-il l’Histoire comme une sorte de vecteur ayant, par définition, un sens unique ? Ce serait le fameux sens de l’Histoire cher aux marxistes, lesquels ont pu constater par eux-mêmes qu’ils se sont gourés toute leur vie, simplement en regardant le drapeau de l’actuelle Russie ou une carte postale au timbre oblitéré à Saint-Pétersbourg.

Plus compliqué : pense-t-il que le sens qu’il donne unilatéralement à l’Histoire doit aller vers la souveraineté sans la France (et avec, à terme, l’exode des Caldoches) ou le maintien des liens avec la France ? Ou le contraire ? Ou les deux en même temps, comme il dit souvent ?

Si vous ajoutez que nous sommes aux antipodes et que tout cela se passe la tête en bas, vous comprendrez que je m’interroge sur le sens réel de tout cela.

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