Comment Emmanuel Macron roule dans la farine le vétéran qui en a marre des gauchos

« Soyez très ferme avec tous ces gauchos de la politique qui ne veulent que foutre la merde », a lancé un vétéran de l’armée française à Emmanuel Macron, venu le saluer après la cérémonie du 8 Mai. Notre Président, d’abord surpris, lui a fait une réponse ambiguë, mais très éclairante : « Ne vous inquiétez pas, regardez-moi faire. Je ne commenterai pas ce que vous avez dit mais… Tout le monde peut s’exprimer mais il faut qu’il y ait un peu d’ordre. En tout cas, on continue, hein, on avance. »

En dépit de sa prudence de langage, il se révèle tout entier. Il faut lui faire confiance. Il sait, mieux que personne, ce qui est bon pour la France. Il se prend pour le messie. Souvenez-vous de lui, les bras en croix, dans ses meetings de campagne. Il a bien appris la posture. Et il saura faire régner l’ordre ! Comme à Notre-Dame-des-Landes ? Comme dans les universités ? Comme à la manifestation du 1er Mai à Paris ?

Au fait, qui sont donc ces « gauchos » ? Jean-Luc Mélenchon, le tribun de La France insoumise ? Pierre Laurent, fils de Paul, sénateur et patron du PCF (comme quoi on peut être héritier tout en étant communiste) ? Olivier Besancenot, qui cache ses desseins révolutionnaires derrière un visage angélique ? Et pourquoi Macron hésite-t-il ? Parce qu’il ne veut pas condamner les « gauchos » sans condamner les « fachos » ? Parce que les « gauchos » lui sont bien utiles pour se présenter comme le sauveur de la France ? Ou parce que, finalement, il est lui-même gauchiste dans l’âme ?

Emmanuel Macron, qu’on présente à l’envi comme le candidat des riches, flirte aussi avec la gauche idéologique. Comme elle, au nom du multiculturalisme, il condamne l’attachement à l’identité française. Il n’est pas internationaliste mais mondialiste, ce qui n’est pas très différent, sauf qu’il préfère la finance au prolétariat. Il partage avec la gauche une conception caricaturale de l’Histoire, associant la colonisation française à un crime contre l’humanité. Il ne crie pas, comme en 1968, « CRS, SS » mais laisse entendre que des Français se seraient comportés comme des nazis.

Après les attentats de 2015, ministre de l’Économie, il avait déjà affirmé que la société française devait assumer une « part de responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le djihadisme a pu prospérer. De quoi alimenter la tendance victimaire dans les banlieues.

Macron partage aussi avec la gauche des revendications sociétales, comme la PMA ouverte à toutes les femmes. Mais il ne veut pas humilier les opposants, comme l’avait fait François Hollande pour le mariage pour tous. Il associe le libéralisme sociétal au libéralisme économique. Le premier n’est pas pour déplaire à la gauche. Il a d’ailleurs été élu par une majorité d’électeurs de gauche et côtoie d’anciens gauchistes, à commencer par Daniel Cohn-Bendit, qui est l’un de ses plus fervents soutiens.

Dans ces conditions, on comprend que, devant le vétéran de l’armée, il n’ait pas condamné plus fermement les « gauchos ». Il veut en même temps plaire à la droite, par ses mesures économiques, et séduire la gauche par ses mesures sociétales.

Quelles sont les plus dangereuses ? Les premières, si elles sont mauvaises, peuvent toujours être corrigées, mais les secondes risquent fort d’être définitives.

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