Emmanuel Macron, ou l’âne vêtu de la peau du lion


Directeur associé d'un cabinet de management de transition

 

La Fontaine est décidément indémodable !

« De la peau du Lion l’Âne s’étant vêtu
Etait craint partout à la ronde,
Et bien qu’Animal sans vertu,
Il faisait trembler tout le monde.
Un petit bout d’oreille échappé par malheur
Découvrit la fourbe et l’erreur. »

En campagne pendant un an et élu depuis deux mois, monsieur Macron laisse, à son tour, progressivement voir ce qu’il est, et d’actions en incidents, il semble bien en effet que le « petit bout d’oreille découvrit le fourbe et l’erreur ».

Il veut, dit-on, redonner du lustre à la fonction présidentielle.
Son attitude face au général de Villiers montre simplement qu’il manque d’élégance, voire de la plus élémentaire éducation qui sied à un chef d’État. Saint Jean bouche d’or, il souligne même qu’à ce niveau, il est indigne d’étaler ses différends sur la place publique. En effet, monsieur ! On ne vous le fait pas dire.

Il se veut des compétences managériales (sic).
Tous les patrons (les vrais) et leurs DRH savent que, quand un dirigeant se mue en « petit chef », c’est le symptôme de son incapacité à assumer les responsabilités relevant de son poste. Le premier talent d’un manager est de savoir choisir ses collaborateurs, de les animer et d’en tirer le meilleur.
À peine élu, il constitue son gouvernement. Moins d’un mois plus tard, il doit se séparer de quatre ministres majeurs (Justice, Armées, Europe et Territoires). Quel jugement !
Passent quelques semaines et il confirme le chef d’état-major des armées (CEMA). Il l’humilie moins de deux semaines plus tard et se fait ainsi claquer la porte au nez par ce grand militaire fidèle serviteur de la France.

Il se veut républicain.
Mais méprise ouvertement le Parlement devant lequel, répondant à sa convocation, le CEMA s’est exprimé. Le lui reprocher, c’est mépriser la souveraineté incarnée par la représentation nationale.

Notre jeune Président essaie, à l’évidence, de se servir des institutions alors que sa tâche serait de les servir. Élu, lui aussi à 39 ans, se prendrait-il pour Badinguet, la fibre populaire et sociale en moins ?

Son prédécesseur se voulait normal mais s’est contenté d’être insuffisant ; lui se veut jupitérien mais semble se contenter d’être suffisant.

Qui osera lui rappeler qu’en tout domaine, l’enthousiasme et l’ambition n’ont jamais remplacé le talent, voire même qu’en politique, « une ambition dont on n’a pas le talent est un crime » (Chateaubriand) ! Chateaubriand, La Fontaine : décidément, nos classiques sont indémodables. Monsieur Macron, que ses amis nous disent fin lettré, doit en savoir quelque chose.

Directeur associé d'un cabinet de management de transition

POUR ALLER PLUS LOIN