J’ai veillé pour les enfants avec Farida Belghoul

Ecrivain
 

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une soirée avec Farida Belghoul, ça décoiffe plus qu’un compte-rendu de conseil des ministres par Najat Vallaud-Belkacem, fût-ce avec sa coupe à la garçonne. C’était jeudi, sur la place du Marché de Versailles, avec les Veilleurs pour la Famille. Étaient présents plusieurs centaines de personnes, et également nombre de caméras, alléchées par la présence de la nouvelle tête de turc du gouvernement, celle-là même qui a lancé en janvier la Journée de Retrait de l’École, pour protester contre la déconstruction subreptice des repères sexués des élèves.

Elle était donc là, l’ancienne de la Marche des Beurs, la prof de banlieue, au milieu de cette foule largement catholique. Et vous savez quoi ? Non seulement le tableau ne jurait pas, mais il se dégageait une harmonie évidente de cette rencontre entre deux France. Cette France chrétienne, à qui Farida Belghoul a rendu largement rendu hommage pour s’être battue en première ligne, depuis un an et demi, pour les droits de l’enfant. Cette France musulmane, qui s’est levée récemment pour protéger la pudeur de ses gosses.

« Nous avons compris que c’est à l’école que se joue l’essentiel de notre combat », a-t-elle lancé, avant d’égrainer les représailles subies par les familles ayant participé aux journées de retrait de janvier et février : menaces — illégales — de suspendre les allocations familiales, d’exclure les élèves des établissements, enfants saqués, humiliés jusqu’aux pleurs par l’encadrement… Voici donc comment, à force d’idéologie, Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem ont fait de l’école un lieu de peur, d’opposition aux valeurs familiales. « Ceux qui parlent d’égalité n’envisagent pas de parler de complémentarité », a encore martelé la militante de la famille, appelant les quartiers aisés à soutenir les quartiers populaires dans ce combat commun.

Au milieu de tout ça, des journalistes tentant de faire leur travail, comme des bobos pris en étau entre deux France qu’ils ne comprennent pas, à l’instar de celui de Canal+, enragé que la militante de la famille, encadrée de pancartes MEDIAS MENTEURS, ne lui accorde pas un mot ni un regard. Incapable de comprendre que plus personne n’a confiance dans la probité de sa chaîne.

Qu’à moins de changer, elle est vouée à une disparition rapide, car les Français s’informent ailleurs désormais.

Farida Belghoul confie avoir refusé plus de 20 plateaux télé ces derniers jours. Non qu’elle ait peur de défendre le bon sens à un contre quinze, comme il est d’usage. Elle ne veut simplement pas leur faire ce plaisir. Pas qu’ils fassent de l’audience, du chiffre sur son dos. Et déforment et désinforment au passage. Elle, qu’on a ravalé au rang d’extrémiste négationniste. Quand on pense que, quelques heures avant cette veillée, un travesti venait parler du transgenre à des CM1 d’une école de cette même ville de Versailles, sans l’aval de leurs parents…

Me remonte à la mémoire cette lettre envoyée en 1883 aux instituteurs de France par Jules Ferry, celui-là même que François Hollande a salué aux premiers jours de son quinquennat, et que Vincent Peillon n’a de cesse de citer à tort et à travers : « Au moment de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait, de bonne foi, refuser son assentiment à ce qu’il entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. »

Eli Veugnol
Ecrivain

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