Jérusalem : réponses à des juifs qui critiquent la Gay Pride

Auteur, militante féministe

Ex-membre du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes), du CERF (Cercle d’Etudes de réformes féministes)

Son blog
 

À propos de l’attentat contre la Gay Pride de Jérusalem, certains juifs parlent de profanation de Jérusalem, et critiquent les Gay Pride en général.

Ils demandent : « Pourquoi l’homosexualité devrait-elle être prisée et mise en relief, alors que nous souffrons aujourd’hui d’une islamisation aiguë qui menace nos vies partout dans le monde, alors qu’il existe tant de fléaux dont personne ne parle ; pourquoi la Gay Pride impose-t-elle la sexualité minoritaire à la majorité hétéro, de quel droit les homos occupent-ils les lieux publics pour nous éclabousser avec leurs penchants sexuels ? »

Je leur réponds : les violences et discriminations envers les homos existent, le dire et le manifester n’est pas imposer sa sexualité aux autres, ni profaner une ville dont le texte de référence, la Bible hébraïque, condamne les violences, quand ce ne serait que « lever le bras contre autrui », et mentionne l’homosexualité dans des cas qui semblent se limiter au viol homosexuel ou à la prostitution.

L’homosexualité n’est pas plus mise en relief avec une manifestation par an que la lutte contre les violences envers les femmes avec une manif tous les 25 novembre et les 8 mars.

Vous vous trompez de colère. Les premières Gay Pride en France étaient des manifestations simples, sans allure de boîtes à ciel ouvert ou de pub pour clubs SM.

Ce qui est vraiment irritant dans la Gay Pride est le mélange avec l’hypersexualisation et le porno à tout va : là est le problème de cette « sex fest ». Les commerçants qui vendent la sexualité homo ont récupéré une manifestation militante contre les violences pour en faire une publicité, afin de ramener des hétéros dans les boîtes gay et de vendre du « cul » gay et des images lesbiennes à la masse des hétéros en quête de nouvelles expériences « pimentées ».

D’où des slogans « pro-sexe », « pro-travail du sexe » et, maintenant, le lobby de la GPA, qui essaye de récupérer les manifs homos. Au point que la Coordination lesbienne en France, qui est pour l’abolition de la prostitution et contre la GPA, a claqué la porte de l’inter-LGBT.

Je dis aux critiques des Gay Pride : quand vous soutiendrez à la fois les jeunes homos en recherche d’eux-mêmes, les féministes qui demandent l’interdiction de l’achat de prostitution (dont la prostitution filmée dans le porno), la lutte contre la marchandisation de la grossesse en vue de l’abandon GPA, la lutte contre les violences faites aux femmes aussi en Europe, alors je croirai que vous vous préoccupez réellement du respect des personnes.

Quant aux priorités, le problème n’existe pas. Je milite, et un certain nombre de personnes également, dans plusieurs domaines à la fois, face à plusieurs menaces aussi actuelles les unes que les autres : marchandisation du corps humain, doctrine de l’islam, antisémitisme, etc. Les mobilisations se renforcent mutuellement lorsqu’elles sont dans le même sens : la défense des droits de l’Homme.

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Ex-membre du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes), du CERF (Cercle d’Etudes de réformes féministes)

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