Élection présidentielle : où sont les femmes ?


Mouvement de femmes qui revendiquent leur droit élémentaire et leur devoir fondamental à être des femmes à part entière.

 

Le premier tour approche et les sondages s’enchaînent, laissant aux oubliettes les idées. Bien sûr, nous ne nous faisons pas d’illusions, les programmes sont rarement respectés. Mais ils sont intéressants : ils donnent le pouls de la société. Nous les avons lus, cherchant des réponses aux questions féminines. Il n’y en a pas. Les femmes se retrouvent ballottées entre précarisation et transhumanisme.

D’abord la précarisation, que tous les candidats tiennent pour acquise. Seule Marine Le Pen prévoit de revenir sur la loi Macron et parle de protectionnisme en promettant la sortie de l’Union européenne. Fillon préfère organiser la fin du salariat en nivelant par le bas. Or, certains avantages, de la fonction publique par exemple, sont favorables à l’emploi féminin : les supprimer accentuera d’autres inégalités. Quant à Hamon, il prône le revenu universel, c’est-à-dire un droit au silence. « Vous n’avez pas d’emploi ? Mais vous avez un revenu, de quoi vous plaignez-vous ? »

Au niveau du congé parental, aucun des quatre candidats masculins ne veut revenir sur la prise complète du congé parental uniquement si les deux parents en prennent successivement une partie. Pourtant, il est peu probable qu’une femme ayant un travail peu rémunérateur fasse le choix de reprendre au plus vite son travail. Sans compter que de telles dispositions sont des facteurs propices aux avortements économiques, déjà l’une des premières causes d’avortement en France.

Marine Le Pen souhaite réinstaurer le libre choix des parents, mais ne dit rien sur son coût pour les entreprises. Or, cette charge se révèle l’un des facteurs principaux de discrimination à l’embauche et d’inégalités salariales entre hommes et femmes.

Niveau droits des femmes, rien de nouveau sous le soleil. Marine Le Pen se prononce contre les quotas, adoptant une vision soixante-huitarde : la femme est « un homme comme les autres ». Quant aux quatre candidats masculins, ils promettent des gouvernements paritaires. Moraliser le monde politique, réorganiser le travail dans les postes à responsabilité serait pourtant plus efficace que ces quotas, qui ne réussissent qu’à favoriser la misogynie ordinaire. Quant à la question des violences faites aux femmes, les programmes restent des commentaires.

Seul Hamon évoque la question de la PMA, suggérant de l’ouvrir aux couples de même sexe et aux femmes seules. Non seulement c’est l’instauration d’un droit à l’enfant, mais nous basculons en plein transhumanisme : le fantasme d’un homme augmenté qui peut enfanter seul. Cette disposition est lourde de conséquences anthropologiques et ouvre grand la porte à la GPA.

Le transhumanisme est d’ailleurs partout dans la campagne ; cybersécurité, e-santé, robotisation… autant de « progrès » auxquels les Français sont appelés par les candidats à s’adapter, de gré ou de force. Pour Fillon et Le Pen, leur utilisation est principalement justifiée par la préoccupation sécuritaire ; le Front national propose ainsi de fusionner la carte d’identité et la carte vitale « biométrique ». Le contrôle des citoyens sous couvert de lutte contre l’islamisme revient toujours à limiter les libertés des honnêtes gens, la loi étant la même pour tous.

Notre engagement de femmes nous porte à nous opposer, fermement et radicalement, à cette technophilie sans recul. Prétendre résoudre des problèmes humains par la technique, comme les déserts médicaux avec la e-santé, ou le terrorisme avec la cybersurveillance, est un leurre total, ne servant qu’à nourrir le système.

Les femmes sont les derniers remparts à cette société liquide, à ses fantasmes de rapidité, d’immédiateté et de toute-puissance. La maternité naturelle est la dernière barrière à cet illimité ; elle sera le dernier obstacle à éliminer. De la voiture autonome à l’utérus artificiel, il n’y a finalement qu’un pas.

Bref, voter, pourquoi pas, mais ne perdons pas de vue le combat plus grand qui nous attend : lutter pour nos libertés, pour une société refusant la précarisation qui ne sert qu’à mieux nous asservir, et le transhumanisme qui nous fait oublier notre nature profonde. Sinon, vous pouvez aussi lire nos 10 points clés pour améliorer la condition féminine en France !

Mouvement de femmes qui revendiquent leur droit élémentaire et leur devoir fondamental à être des femmes à part entière.

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