Editoriaux - Education - Polémiques - 13 février 2019

École : la querelle des drapeaux

Un amendement proposé par un député d’opposition a été, ce mardi 12 février, voté par l’Assemblée nationale, avec le soutien du ministre de l’Éducation. Il rend obligatoires « dans les salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat, la présence du drapeau tricolore, et qu’on apprenne la Marseillaise ». Le ministre a proposé d’ajouter le drapeau européen et d’afficher les paroles de « la Marseillaise » dans chaque classe, ce qui a été finalement aussi voté. Toutefois, les opposions virulentes venues de la gauche ont conduit le président (LREM) de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation à demander une seconde délibération sur cet amendement, d’ici à vendredi. Gageons que cet amendement sera bien adopté avec l’appui de la majorité disciplinée et que l’idée de ce député (LR) aboutira à l’inverse de ce qu’il escomptait : le drapeau européen sera associé au drapeau français, qui sera ainsi affaibli, car nul ne peut servir deux maîtres ni deux drapeaux. Il ne restera plus qu’à ajouter, à la demande prévisible des conseils régionaux ou des communes, les drapeaux antillais, alsaciens, basques, bretons, catalans, corses, occitans, normands, savoyards ; et on aura accru la confusion dans la tête des enfants.

Au demeurant, l’opposition était divisée. Pour La France insoumise, « les écoles ne sont pas des casernes » (sic), et le PS a dénoncé « une défiance envers les enseignants qui ont en charge une salle de classe » (?). Pendant ce temps, 70 % des Français continuent à soutenir la révolte des gilets jaunes qui défilent avec leurs emblèmes tricolores et en chantant « la Marseillaise », pour en appeler à la liberté et à la fraternité. Pas un seul drapeau bleu étoilé.

« Le drapeau français est un repère qui doit être présent dans chaque classe de chaque école de France, il constitue une digue contre les fléaux qui nous menacent, notamment l’islamisme et l’antisémitisme », a affirmé le député initiateur de l’amendement. Soit. Mais s’il est flanqué de la bannière européenne, nous protégera-t-il du financiarisme et du mondialisme ?

Cette querelle du drapeau fait resurgir un fantôme de l’Histoire : en 1873, le comte de Chambord (alors que l’Assemblée nationale était majoritairement royaliste) faisait échouer la Troisième Restauration en refusant le drapeau tricolore. On pensa, alors, que le dernier Franc rendait le pouvoir aux Gaulois. Réfractaires, déjà ?

Il sera bon de conclure en rappelant la lettre et l’esprit de l’article 2 de la Constitution, dont chaque maxime est transgressée quotidiennement sans que personne ne s’en émeuve :

« La langue de la République est le français.

L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L’hymne national est la Marseillaise.

La devise de la République est Liberté, Égalité, Fraternité.

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

Si l’amendement amendé est voté vendredi, le gouvernement et Bruxelles auront gagné.

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