« La dynastie japonaise a toujours manifesté une très grande dignité »

On vient d’apprendre que l’empereur japonais Akihito, 83 ans, abdiquera le 30 avril 2019 après 30 ans de règne. Bruno Gollnisch, qui est (aussi) spécialiste du Japon, revient sur cette abdication – inédite depuis presque deux siècles -, sur le symbole que constitue cette dynastie pour le Japon (dont le régime parlementaire ressemble beaucoup au régime britannique), sur l’avenir de celle-ci avec l’arrivée du prince héritier Naruhito qui deviendra, en 2019, le 126e empereur.

La date de l’abdication de l’empereur du Japon a été fixée au 30 avril 2019.
Est-ce une première ?

« Ce n’est pas une première dans l’Histoire du Japon. Il était très courant au Moyen-âge que les empereurs abdiquassent pour retrouver une certaine liberté et conserver une influence en tant que père de l’empereur régnant.
A l’époque moderne, c’est effectivement inédit. La dernière abdication remonte à pratiquement deux siècles. Le grand-père de l’empereur actuel, qui a régné à partir de 1912 avait présenté des déficiences telles que son fils avait été nommé régent. Il n’y avait pas eu d’abdication, mais c’était un peu une abdication de fait. C’était la création d’une régence au profit du prince qui est devenu ensuite l’empereur qui a régné jusqu’en 89
. »


L’empereur a aujourd’hui 83 ans et va donc abdiquer dans trois ans après 30 de règne.
L’empereur du Japon a-t-il de réelles responsabilités ?

« C’est avoir des responsabilités de maintenir le symbole. La dynastie japonaise a toujours manifesté une très grande dignité. Ce n’est pas le cas partout, notamment chez les héritiers de la dynastie britannique. Je ne parle pas bien entendu de la reine Elisabeth qui est au-delà de tout éloge dans ce domaine.
Sur le plan politique en revanche, au 19e et dans la première moitié du 20e siècle, la constitution faisait découler tous les pouvoirs de l’institution impériale. En revanche, depuis la constitution de 1945, l’empereur n’est plus que le symbole de l’Etat et de l’unité du peuple en qui réside le pouvoir souverain. Par conséquent, il est explicitement prévu que c’est le peuple qui exerce le pouvoir de façon démocratique. En réalité, c’est un régime parlementaire qui ressemble beaucoup au régime britannique. »

C’est son fils ainé, le prince Naruito qui deviendra le 126e empereur du Japon en 2019. Que savons-nous du prince Naruito ?
Est-il dans la continuité de son père et de son grand-père ?

« Je crois que son père a incarné d’une certaine façon une ligne plus moderne dans la mesure où il a fait un mariage d’amour avec l’impératrice actuelle.
On dit dans les gazettes occidentales « qu’il a épousé la fille d’un menuisier ». La princesse était certes une roturière, elle ne faisait pas partie de l’aristocratie japonaise traditionnelle qui de toute façon était censée avoir disparu depuis 1945. En réalité, l’impératrice actuelle était la fille d’un des plus importants industriels du Japon. Par conséquent, je trouve que ce mariage dont on nous dit qu’il était assez moderne était assez conforme à la tradition qui voulait que depuis la nuit des temps les plus anciens les empereurs épousent les filles des dynasties les plus puissantes du Japon. Cela a été longtemps une sorte d’aristocratie puis l’aristocratie militaire et maintenant l’aristocratie économique.
Le prince héritier qui va devenir empereur le 30 avril prochain a également fait un mariage d’amour. Il a épousé une jeune diplomate. Je crois qu’il se conformera au rôle très ritualisé de l’institution impériale. Il préside un certain nombre de cérémonies. C’est toujours un honneur considérable au Japon que d’approcher l’empereur, que d’avoir reçu de la main de l’empereur par exemple un prix ou une décoration. »

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