Trump Président - USA

Donald Trump et Maurice Allais : ensemble contre le libre-échange !


Député européen du groupe ENL

 

Ford, pris à partie depuis des mois par Donald Trump, a renoncé à son projet de nouvelle usine mexicaine de 1,6 milliard de dollars pour investir dans le Michigan. Les libre-échangistes viennent de subir leur première défaite et le nouveau président américain vient de marquer son premier point.

C’est vrai, le libre-échange intégral n’est pas forcément intelligent. Ainsi, Maurice Allais qui, avant de décrocher son prix Nobel d’économie, avait été major de l’École polytechnique, faisait l’analyse suivante.

Pour lui, la crise actuelle avait deux origines : le libre-échangisme et l’organisation financière internationale. « Parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire. »

Maurice Allais distinguait deux formes de protectionnisme : « Il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. »

Loin d’avoir créé la crise de 1929, le protectionnisme en avait, selon lui, limité les dégâts : « Le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. »

Notre prix Nobel d’économie nous avait averti : « Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services. »

Aucune limite n’a été posée ni au libre-échange ni à l’endettement. Nous voyons les résultats. La part de notre industrie qui représentait 24 % du PIB, il y a trente ans, est aujourd’hui inférieure à 11 %. Le chômage réel est supérieur à 7 millions de personnes. Le commerce extérieur est lourdement déficitaire. Et notre dette dépasse les 2.170 milliards d’euros.

Que n’a-t-on écouté notre prix Nobel ?

Député européen du groupe ENL

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